Entre les mains du Maître
 

De l'hindouisme à Jésus-Christ
 

par Bakht Singh
 index

I - Comment j’ai trouvé la joie ineffable et glorieuse
Ma Jeunesse
Un Rêve
Ambitions
En Angleterre
Le vernis de la culture
Visite au Canada.
Le Nom de Jésus
Christianisme sans joie
Une vie nouvelle
Conviction de péché
Guérison
L’appel au service
Témoignage dans mon pays
La conversion de mon père
La nouvelle naissance
Confession
Triple victoire

II - Premiers pas dans la vie de la foi
La Pauvreté
La pâte d’oignons
Agent de police de Toronto
De nouvelles bottes
La prière casse la machine.
Les portes s’ouvrent
Sans foyer à Bombay
Gagneur d’âmes à Karachi
Rivière dans le désert
Le tremblement de terre de Quetta
Il ne t’abandonnera pas
 
 
 
 

I

Comment j’ai trouvé la joie

ineffable et glorieuse
 

"Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis," (Jean XV, 16).

Dans ce verset le Seigneur nous assure que c’est Lui qui fait le premier pas en nous choisissant. Ce n’est pas nous qui Le connais-sons ou le choisissons les premiers. C’est Lui qui nous choisit, mais nous ne comprenons ce mystère qu’à partir du moment où nous L’acceptons comme notre Seigneur et notre Sauveur. J’aimerais vous dire comment le Seigneur m’a choisi conformément à la Pa-role: "Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais moi, je vcus ai choisis et je vous ai établis" (Jean XV, 16).
 

 

Ma Jeunesse
 

Dans ma jeunesse, j’étais fort aigri contre l’Evangile de Christ. Bien qu’ayant été élevé dans une école secondaire de la mission au Pendjab, où j’ai séjourné pendant sept ans, je ne m’étais jamais soucié de connaître quoi que ce soit de Christ. La plupart des garçons qui faisaient leurs études dans cette école haïssaient les chrétiens et se moquaient des maîtres et des pasteurs chrétiens. J’ai fréquenté pendant cinq ans ce collège. Les Hindous et les Musulmans vivaient d’un côté, les chrétiens de l’autre. Pendant ce séjour de cinq ans à l’internat, je ne crois pas avoir visité une seule fois le côté chrétien. Cela vous donnera une idée de mon opposition àtout ce qui était chrétien. Je ne me rappelle plus ce que j’appris alors, mais je me souviens d’avoir haï les élèves chrétiens qui fai-saient leurs études avec moi. D’autre part, la plupart d’entre nous, jeunes Hindous, nous avions des préjugés profondément enracinés contre les Musulmans, mais tandis que nous avions l’habitude de jouer et de parler libre-ment avec eux, je ne crois pas que nous nous soyons jamais liés avec les jeunes chrétiens.
 

 

Un Rêve
 

Pour récompenser mon succès à un exa-men, je reçus un jour une magnifique Bible. J’en déchirai le contenu et ne conservai que la couverture, parce que c’était une très belle reliure cuir. Pendant tout mon temps de collège, je fus un ennemi acharne de l'Evangile de Christ; mais comme j’étais très fervent dans l’exercice de ma propre religion, je pas-sais de nombreuses heures dans les temples Sikhs*), accomplissant tous les rites requis.

*) Note du traducteur: Sikhs: Secte hindoue vickhonite fondée au XV!e Siècle et comptant près de 3 millions (radhérents établis surtout dans le Pendjab.
 

Certains d’entre vous savent peut-être que les Sikhs sont renommés pour leurs oeuvres sociales. Je prenais également une part active dans de telles tâches, mais je ne puis pas dire que j’aie jamais trouvé une véritable joie en observant de tels rites.
 

Alors que je fréquentais le collège, il m’arrivait fréquemment de faire un certain rêve:
 

Je gravissais avec beaucoup de difficulté une colline haute et escarpée et, après de grands efforts, j’arrivais au sommet. Dès que je l’avais atteint, quelqu’un se trouvait là et me jetait en bas. Dans ma chute, les pointes des rochers labouraient mes côtes. J’en souffrais à tel point que je me mettais à crier dans mon rêve. Mais à la fin de mon rêve, je me trouvais couché sur des coussins de soie très doux, tellement doux que je m’y enfonçais. Le fait d’être ainsi couché sur des coussins doux me donnait un sentiment céleste et je me disais que, si l’on pouvait avoir une telle joie sur des coussins’de soie, cela valait bien la peine de subir les souffrances endurées au cours de la chute. Lorsque j’avais neuf ou dix ans, il m’arrivait souvent d’avoir ce rêve; après ma conversion, il se présenta à nouveau et la voix intérieure me dit: Voilà ton témoignage).
 

 

Ambitions
 

Comme tout écolier, j’étais fort ambi-tieux et idéaliste. Quelques-uns de mes ca-marades avaient une moralité très élevée, d’autres une moralité très basse; certains étaient nobles, d’autres vils. En toute humilité, je puis dire que j’ai réalisé toutes mes ambitions, tous mes désirs; et ce n’est pas peu dire. Les efforts et les plans que je fis pour satisfaire mes désirs peuvent être com-parés à mes escalades sur cette colline escarpée. Mais chaque fois que j’avais assouvi ma soif par une réalisation nouvelle, je me trou-vais désappointé et désillusionné. Les désappointements et les désillusions représen-taient ma chute du sommet de la colline. Mais un jour arrivaoù j’expérimentai la joie de me trouver étendu sur les doux coussins de soie et ce fut le jour où le Saint-Esprit et la vie de Jésus-Christ entrèrent dans ma vie. Mes ambitions étaient d’aller en Angleterre, voir une éducation très poussée, de jouir de l’amitié de toutes sortes de gens et de de-meurer fidèle à ma religion. En plus de cela, je désirais vivement porter des habits élégants et savourer des mets de premier choix.
 

Je n’avais pas eu ces désirs dans ma jeunesse, mais ils surgirent plus tard et je fus capable de tous les satisfaire.
 

Mon père n’était pas du tout favorable à mon départ pour l’Angleterre. Il me promit n’importe quelle somme d’argent, pourvu que je le seconde un jour dans ses affaires. II avait monté une nouvelle manufacture de coton et comme j’étais l’aîné, il comptait sur mon aide. Mais je persistai dans ma volonté d’aller en Angleterre.
 

Après le baccalauréat, je fus très triste de ce que mon père ne voulût pas me laisser partir pour l’Angleterre, alors que rien d’au-tre ne pouvait me satisfaire. Nous étions six frères et ma mère m’aimait plus que tous ses autres enfants. "Je vais t’aider à aller en An-gleterre, me dit-elle, mais promets-moi de ne pas changer de religion. J’ai entendu dire que les jeunes gens qui se rendent en Angleterre abandonnent leur religion. - Crois-tu vrai-ment que je changerais de religion,, lui ré-pondis-je, car j’étais alors très fier de ma re-ligion Sikh. Lorsque je l’eus assurée de ma loyauté et de ma fidélité, elle persuada mon père de me laisser partir. Comme homme d’affaires, mon père raisonnait sur le plan financier, comme personne pieuse, ma mère raisonnait sur le plan religieux. En définitive mon père consentit à faire un essai et à m’en-voyer tout l’argent dont j’aurais besoin; quant à moi, je promis de vivre très modes-tement.
 

 

En Angleterre
 

En septembre 1926, j’arrivai en Angle-terre et je suivis au collège d’ingénieurs àLondres, le cours de mécanique. Lorsque je fus établi, je me rendis compte très vite qu’il était possible de vivre très confortablement avec 80 roupies par mois, et je demandai àmon ami pourquoi il m’avait écrit de me pré-. parer à dépenser 300 roupies par mois. Je lui dis que je m’apprêtais à écrire à mon père de ne m’envoyer que 80 roupies par mois. Mon ami me dit: "Ne te hâte pas. Attends en-core quelques mois et tu apprendras tout àce sujet). J’acceptai ce conseil, j’envoyai de faux comptes et j’écrivais à mon père: J’ai dépensé 295 ou 296 roupies ce mois-ci, alors même que je n’en avais dépensé que 80. De cette façon, je pus économiser pendant 7 mois, tantôt 200 roupies, tantôt 250 roupies par mois, tant et si bien que j’avais 1600 rou-pies en banque à la fin de cette période.

Pendant les trois premiers mois que je passai en Angleterre, je restai fidèle à ma religion. Je gardai mes longs cheveux et ma barbe, parce que les Sikhs ne se font jamais couper les cheveux. Puis je commençai àdouter de la nécessité d’avoir les cheveux et la barbe longs, mais je n’eus pas le courage de les faire couper. Je les gardai encore pen-dant six mois, car je craignais les réflexions de mes amis si je me rasais la barbe. Fina-lement une solution me vint à l’esprit. Je de-mandai à l’un de mes amis de ne me les couper que graduellement, un peu chaque jour, de sorte qu’au bout d’un mols tout soit tondu. Je pensais ainsi ne plus être embar-rassé, mais il se mit à me couper la moitié de la barbe en laissant l’autre moitié. Je lui dis alors: "Dans ces conditions tu peux égale-ment couper le reste,. Lorsque je fus rasé, je devins athée, socialiste et libre-penseur et je croyais pouvoir devenir ainsi un Européen parfait. Puis je me mis à fumer, bien qu’en tant que Sikh, je n’aie jamais touché au tabac. J’achetai des cigarettes de qualité, ainsi qu’un étui en or, et j’étais très fier de montrer mon étui à cigarettes en or à tout le monde. Puis je me mis à boire des liqueurs. Je me vêtis d’habits très coûteux: 400 roupies pour un complet, 35 roupies pour une che-mise, 20 roupies pour une cravate et 50 roupies pour une paire de chaussures. Ainsi je dépensai en quatre semaines, mes économies de sept mois. Je compris pourquoi mon ami m’avait dit de ne pas me hâter.
 

 

Le vernis de la culture
 

J’appris avec beaucoup de difficultés tous les us et coutumes de l’Occident. Bien que je n’eusse jamais goûté à leur nourriture. j’appris cependant à manger avec couteau et fourchette. Je me mis à fréquenter assidûment théâtres, cinémas et dancings. Je dus m’initier à tout, je voulais agir et vivre comme eux. Je vécus de la sorte pendant environ deux ans. Quand mes cours furent terminés, je me posai la question: Qu’ai-je donc gagné en Angleterre? Je savais que j’y avais appris à porter col et cravate, à asti-quer mes chaussures, à peigner mes cheveux et à dire fréquemment merci et pardon, car plus on dit merci et pardon, plus on passe pour être cultivé. J’avais appris à être à la mode et à boire comme eux; en d’autres termes, j’avais appris à adorer mon corps. Un jour je commençai à me poser la question:

Suis-je plus heureux qu’autrefois? Mais mon état d’esprit prouvait le contraire, car j’étais devenu plus égoïste, plus orgueilleux et plus avare. Je n’avais plus de sentiment de respect à l’égard de mes parents et de mes amis. J’avais appris que l’on pouvait faire le mal, pourvu qu’on le fît en cachette.
 

 

J’avais parcouru toute l’Angleterre et l’Europe, j’avais visité les musées, les galeries d’art, les cinémas, j’avais porté des habits coûteux, mangé des mets délicats, j’avais trouvé des amis parmi l~s riches comme par-mi les pauvres, parmi les grands et les hum-bles, j’avais pris part à des oeuvres sociales, je m’étais laissé aller aux plaisirs, j’avais acquis le degré d’éducation que j’avais désiré et pourtant j’étais malheureux. Alors j’ai pen-sé que je n’étais pas encore assez civilisé. Je demandai à mes amis anglais: "Etes-vous heureux?, Je posai cette question à des étudiants, à des professeurs et à des employés. J’avais l’habitude de dire: "Vous avez des enfants ravissants, des foyers magnifiques, des parcs spacieux et vous pouvez obtenir àpeu près tout ce qui est nécessaire pour votre bien-être. Etes-vous heureux?, Et je ne pus rencontrer une seule personne qui eût été heureuse. Ainsi je me dis à moi-même que le monde tout entier n’était que "vanité des vanités,.

J’avais cru que, si l’Inde était civilisée, elle deviendrait un paradis, et que l’éduca-tion et l’hygiène écarteraient tous les maux du pays. Et maintenant, je constatais que l’Angleterre elle-même n’était pas en mesure de se libérer de ses maux par l’éducation et les progrès sanitaires. Au contraire, je re-marquai encore plus de maux en Angleterre qu’aux Indes. Ainsi j’acquis la conviction que la civilisation et l’éducation ne pouvaient pas résoudre le problème. J’avais l’habitude de considérer la question de la façon suivante:

Aux Indes, un pauvre utilise un chiffon sale pour couvrir sa plaie, tandis qu’en Angle-terre un riche cache la sienne avec un ban-dage parfaitement blanc et long de trois mè-
 

tres, mais le pus et la saleté ne disparaissent pas pour cela.
 

 

Visite au Canada.
 

En 1928, un groupe d’étudiants alla faire un voyage de vacances au Canada. J’aurais bien aimé m’y joindre, mais le secrétaire ne voulut pas m’y autoriser. Il m’expliqua que les Américains ne savaient pas comment trai-ter les Hindous. Il me déconseilla donc de partir avec le groupe. Je lui déclarai que j’étais prêt à me soumettre à n’importe quel traitement et je partis, bien décidé à prouver mon savoir-vivre occidental. Comme la com-pagnie était nombreuse à bord, il y avait toutes sortes de distractions. Je pris part àtoutes.

Le 10 août 1928, je pris connaissance d’une note annonçant un culte dans le salon des 1ères classes. Je me dis à moi-même que, si mes amis et compagnons allaient au culte, je devais également m’y rendre. Cependant une crainte s’empara de moi, car je n’avais jamais été dans une église. Mais comme j’avais fréquenté sans dommage, cinémas, dancings et bars, je pensais qu’un lieu de culte chrétien ne me ferait aucun tort. J’a-vais appris, en outre, que le salon des pre-mières classes était fort luxueux et je pensais que ce serait là une bonne occasion de le voir. Convaincu par de tels arguments, je m’y rendis et je m’assis tout au fond du salon.

Quand tous se levaient pour chanter des hymnes, je me levais aussi; quand ils s’asse-yaient, je faisais de même et quand le prédi-cateur commença son sermon, je m’endor-mis pour ne pas écouter. A la fin de la prédi-cation, tout le monde se mit à genoux pour prier, mais je restais assis. Je pensais: "Ces gens ignorent tout de la religion. Ils ont ex-8
 

ploité mon pays et je les ai vus manger et boire. Que savent-ils? Après tout, ma religion est la meilleurci.. Ainsi mon orgueil national, intellectuel et religieux m’empêcha de m’age-nouiller et je voulus sortir. Mais je trouvai un homme agenouillé à ma droite, un autre àma gauche, et il me parut peu convenable d.~ les déranger. Et pourtant, je ne pouvais pas m’agenouiller. Puis, je me dis: "J’ai été dans des mosquées musulmanes et dans des tem-ples hindous. Je me suis déchaussé et j’ai lavé mes pieds afin de montrer mon respect pour ces lieux. II me faut aussi honorer ce lieu par pure courtoisie. Brisant donc mon orgueil, tant national qu’intellectuel et reli-gieux, je me mis à genoux.
 

 

Le Nom de Jésus
 

Remarquez bien que j’assistais pour la première fois à un culte chrétien. Je n’avais jamais lu la Bible jusqu’alors et personne ne m’avait parlé du salut. Quand je m’agenouil-lai, je ressentis un grand changement en moi. Mon corps tout entier se mit à trembler. Je pouvais sentir le pouvoir divin qui entrait en moi et me soutenait. Comme première trans-formation, je notai une grande joie qui inon-dait mon âme. Ensuite, je répétai sans cesse le nom de Jésus. Je me mis à dire: "Oh! Sei-gneur Jésus, béni soit Ton Nom, béni soit Ton Nomft~ Le nom de Jésus devient très doux pour moi. Auparavant, j’avais méprisé ce nom et au cours de discussions et de conver-sations, je m’en étais même moqué.
 

Un autre changement se fit encore: je me sentais uni aux Européens. Pendant mon séjour à Londres, je ne m’étais jamais senti leur égal. Je me croyais tantôt supérieur, tan-tôt inférieur. Quand je parlais aux Anglais,
 

je me sentais supérieur. J’avais l’habitude de dire que j’appartenais à un vieux pays, doté d’une culture très ancienne, mais quand je parlais aux Hindous, je me sentais inférieur et je leur disais que nous ne savions pas man-ger ni nous vêtir convenablement. Mais c’était la première fois que je me sentais vrai-ment l’égal des Occidentaux.
 

 

 

Christianisme sans joie
 

Je séjournai pendant trois mois au Ca-nada. Nous voyageâmes beaucoup et retour-nâmes en Angleterre, où je me décidai àassister à un culte. Au mois de novembre 1928, j’assistai pour la première fois à un culte chrétien dans une église. Quand les gens sortirent après le service, je les exami-nai, mais je ne pus discerner aucune joie sur leurs visages. Je pensai qu’ils étaient certai-nement tous venus à un enterrement, car je ne pouvais comprendre leur air tellement sé-rieux. Je trouvai qu’il y avait là quelque chose de faux, car, pour moi les chrétiens devaient être très joyeux. A partir de ce moment, je cessai de fréquenter l’église le dimanche, mais m’y rendais en semaine quand elle était vide. Dans la Cité de Londres. il y a de ma-gnifiques vieilles églises où je passais des heures entières, assis dans ces bancs vides et je trouvais de cette façon une grande paix.
 

 

Une vie nouvelle
 

Une année s’écoula ainsi; mais je ne ra-contais jamais mon expérience à personne; je n’avais pas le courage de le faire, mais l’envie de fumer et de boire avait complète-ment disparu. Personne ne m’avait dit de l’abandonner, mais j’étais tellement heureux.
 

En 1929, je retournai au Canada. Je de-vais m’y rendre pour terminer mon cours d’ingénieur agronome. Je devais passer un certain temps dans les usines où l’on fabrique les instruments aratoires et dans les fermes où ces instruments sont employés. En décem-bre, j’arrivai à Winnipeg. Le 14 décembre 1929, je demandai à l’un de mes amis: "Pour-riez-vous me prêter une Bible?, Il me regai--da stupéfait, et dit: Vous, Hindou de race et de religion, vous voulez lire la Bible! J’ai entendu dire que les Hindous n’aimaient pas la Bible. - Vous avez raison, lui répondis-je, ces mains ont déchiré une Bible, ces lè-vres ont blasphémé contre Christ, mais de-puis dix-huit mois, j’aime profondément le Seigneur Jésus. J’aime Son Nom qui résonne de façon si douce pour moi. Mais j’ignore encore tout de sa vie et de son enseigne-ment. Il mit la main dans sa poche et me donna son Nouveau Testament. Depuis ce jour-là et jusqu’aujourd’hui, ce Testament m’accompagna partout. De retour dans ma chambre, je commençai à lire l’Evangile de Saint-Matthieu. Je continuai à lire jusqu’à trois heures du matin et la Parole de Dieu me possèda tout entier. Le matin suivant, je vis que la neige recouvrait le sol et je restai au lit toute la journée, simplement pour lire.
 

 

Conviction de péché
 

Le deuxième jour, je lisais le troisième chapitre de l’Evangile de Saint-Jean, lorsque arrivé au troisième verset, je m’arrêtai à la première partie de ce verset. Les paroles:"En vérité, en vérité, je vous le dis, me con-vainquirent et mon coeur se mit à battre de plus en plus fort. Je sentais quelqu’un à mes côtés et je l’entendis me dire continuellement: "En vérité, en vérité, je te le dis’. J’avais l’habitude de dire: (La Bible est un livre occidental,. Mais la voix disait: "En vérité, en vérité, je te le dis".
 

Je ne me suis jamais senti aussi confus que ce jour-là, car toutes les paroles blas-phématoires que j’avais l’habitude de pro-noncer contre Christ me revenaient à l’esprit; tous les péchés commis à l’école et au lycée remontajent à ma memoire. J’appris pour la première fois que j’étais le plus grand pé-cheur et je découvris que mon coeur était mauvais et impur. Mes jalousies mesquines à l’égard de mes amis ou de mes ennemis, toute ma méchanceté: tout devenait clair de-vant moi. Mes parents pensaient que j’étais uri brave garçon, mes amis me considéraient comme un bon ami et le monde me prenait pour un membre honnête de la société, mais je connaissais seul ma véritable condition. Mes larmes se mirent à couler et je dis: Oh! Seigneur, pardonne-moi. Je suis vraiment un grand pécheuri’. Pendant un certain temps, je pensais qu’il ne pouvait pas y avoir d’es-poir pour un aussi grand pécheur que moi. Comme je criais, la Voix me dit à nouveau:

"Voilà mon corps brisé pour toi, voilà mon sang versé pour la rémission de tes péchés". Je savais seulement que le sang de Jésus pouvait me laver de mes péchés. Je ne savais pas comment, mais seulement que le sang de Jésus pouvait me sauver. Je ne pouvais pas l’expliquer, mais la joie et la paix entrèrent dans mon âme et j’eus l’assurance que tous mes péchés étaient effacés; je savais que le Seigneur Jésus régnait dans mon coeur. Je continuais simplement à le louer.

Deux jours après, le même ami vint me trouver et me dit: "C’est Noël, et nous avons la coutume de faire des cadeaux à nos amis".
 

- "Ne me faites pas de cadeau, je vous prie", lui répondis-je, car je n’avais pas d’argent pour lui rendre la pareille. Mais il insista et je lui dis finalement: Soit, si vous voulez me faire un cadeau, donnez-moi donc une Bible, puisque je n’ai qu’un nouveau Testa-ment,. Il m’emmena dans une librairie et me dit: "Choisissez vous-mêmes,. Et il m’offrit la Bible que je porte maintenant sur moi; c’est ce livre que je préfère à tout autre, et qui m’est devenu si cher. Je rentrai donc et me lançai dans la lecture du livre de la Genèse. Cette lecture me passionnait à tel point, que je pouvais passer parfois quatorze heures de suite à le lire. Le 22 février 1930, j’avais terminé la lecture du livre tout entier et, pendant ce temps, j’avais aussi étudié le Nouveau Testament à plusieurs reprises. Je me mis donc à relire la Bible une seconde et une troisième fois et je renonçai à la lecture des revues, journaux et romans. J’avais ac-cepté la Bible comme la Parole de Dieu, du premier verset de la Genèse au dernier verset de l’Apocalypse, et aucun doute n’est jamais entré dans mon esprit à l’égard d’aucun passage.
 

 

Guérison
 

Autrefois je me demandais pourquoi certains Chrétiens avaient de la joie et que d’autres n’en avaient pas. Mais plus tard, je compris que ceux qui avaient certains doutes au sujet de la Bible n’avaient pas la joie vé-ritable. Auparavant je ne pouvais pas com-prendre les maux que j’avais remarqués au-tour de moi, mais la Bible résolut toutes mes difficultés. Pendant deux ans, je continuai à lire la Bible. Au cours de ma deuxième lec-ture, je m’arrêtai à Hébreux XIII,8: "Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et éter-nellement,. Je souffrais depuis de longues
 

années d’un catarrhe nasal. J’avais consulté les meilleurs médecins anglais, sans aucun résultat. Ma vue s’était également affaiblie. Je me mis donc à prier: "Veux-tu guérir mon nez et ma gorge, et me rendre toute ma vue?, Le matin en me réveillant, je constatai à ma grande joie que j’étais guéri. Cela me révéla que mon Seigneur Jésus-Christ était le même hier, aujourd’hui et éternellement. Depuis ce moment, j’ai eu le privilège de prier pour la guérison de beaucoup de malades, et le Sei-gneur a merveilleusement répondu à mes prières.
 

 

L’appel au service
 

Je fus baptisé le 4 février 1932 à Van-couver au Canada et après le baptême, j’allai de lieu en lieu pour rendre mon témoignage. Au cours de la première semaine d’avril 1932, je fus invité à faire une causerie sur l’Inde. Lorsque la réunion fut terminée, on me retint pour me poser différentes questions: "Que pensez-vous de l’oeuvre missionnaire aux Indes?, Je me mis à la critiquer très sévère-ment. Lorsque je fus rentré chez moi, je m’a-genouillai pour prier, mais je constatai que je ne pouvais pas prier, et la voix me dit: "Qui es-tu pour te mettre au travers de mon oeu-vre? Tu désires que d’autres se sacrifient, mais toi-même, tu veux retourner aux Indes comme ingénieur et y mener une vie confor-table!!, Ces paroles m’allèrent droit au coeur et me firent l’effet d’un coup d’épée. C’était vrai. - J’avais fait tant de plans pour retour-ner dans mon pays comme ingénieur. J’avais dit que je donnerais tout mon argent pour l’oeuvre du Seigneur. Mais il me dit: "Ce n’est pas ton argent que je veux, c’est toi.) Ce matin-là, je m’agenouillai, je Lui deman-dai pardon, et Lui dis: "Oh! Seigneur Veux-Tu m’accepter? Je suis prêt à aller n’importe où, aux Indes, en Chine ou en Afrique. Je veux tout abandonner pour Toi, amis, pa-rents, biens. Le Seigneur me dit: cIl te fau-dra marcher par la foi. Tu ne devras rien de-mander à personne, pas même à tes amis, ni à tes parents. Tu ne devras pas faire de plans,. - Je répondis: "Seigneur, tu veux, d’une part, que j’abandonne toutes mes re-vendications sur mes biens et mon foyer, et d’autre part, tu veux que je vive simplement par la foi. Qui pourvoira donc a mes be-soins?, Le Seigneur dit: "Ce n’est pas là ton affaire".
 

Bien que six années se soient écoulées depuis lors, je peux dire à Sa gloire que je n’ai jamais demandé quoi que ce soit à per-sonne, pas même à mes meilleurs amis. Mais le Seigneur a richement pourvu à tous mes besoins. Je demeurai pendant un an en Amé-rique comme prédicateur, car j’avais aban-donné tous mes projets de futur ingénieur.
 

 

Témoignage dans mon pays
 

Le 19 octobre 1932, j’écrivais à mon père et lui racontais ma conversion. Le 15 novembre, je demandai au Seigneur d’envoyer àmon père quçlqu’un qui pût lui expliquer la lettre que je lui avais écrite à propos de ma conversion, car elle était longue et pleine de références prises dans la Bible, de la Ge-nèse à l’Apocalypse. Le même jour, mon père alla voir un missionnaire américain de ma ville natale. Le 21 novembre 1932 lorsqu’il reçut ma lettre, il alla trouver ce même mis-sionnaire, dont il avait fait la connaissance et liii dit: "J’ai là cette lettre contenant de nombreuses références bibliques. Voudriez-vous me les expliquer?" Le missionnaire lui
 

donna une Bible en ourdou et lui expliqua la manière de trouver les références. Il fut convaincu que ma conversion correspondait à ma véritable conviction et il m’écrivit qu’il n’y voyait aucune objection et se réjouissait de me savoir heureux dans ma foi.
 

 

Le 6 avril 1933 je rentrai à Bombay après sept ans d’absence. Mon père et ma mère vinrent à ma rencontre. Quand je descendis du bateau, la première chose que me dit mon père fut: "Ta mère et moi, nous sommes les seuls à connaître ta conversion. Ne voudrais-tu pas garder ce fait secret et continuer àêtre un Sikh à cause de l’honneur familial? Tu peux lire la Bible et aller à l’église, mais ne dis à personne que tu es chrétien,. -"Puis-je vivre sans respirer? lui répondis-je. Quand Christ est ma vie comment puis-je vivre sans Lui?, Je lui dis que j’avais donné ma vie toute entière à Christ. Il me demanda:

"Veux-tu devenir missionnaire? - "Non., -"Si tu ne cherches pas notre bien, cherche du moins le tien! Si tu deviens missionnaire, certains au moins te respecteront. Si tu vas de lieu en lieu qui t’écoutera, et comment subviendras-tu à tes besognes ? J’expliquai que Dieu m’avait appelé à ce travail, mais mon père ne put le comprendre. Il dit : "Si tu ne peux pas garder la chose secrète, tu ne peux pas revenir au foyer." Mon père et ma mère me laissèrent à Bombav et je com-mençai à faire quelque travail chrétien dans cette ville.
 

Au bout de deux ou trois semaines, je reçus une lettre de ma soeur. J’ai appris que tu es revenu, m’écrivait-elle. Veux-tu venir me voir? Elle ignorait que je fusse de-venu chrétien. Elle pensait que j’avais com-mencé à travailler à Bombay. Je me rendis
 

donc à Karachi pour la voir. Quand elle me vit prêcher au marché et aller à l’église, elle écrivit à mon père en lui disant: "La situa-tion est dangereuse, viens vite.,
 

Mon père se rendit immédiatement àKarachi. Le soir même, il y eut un conseil de famille avec ma soeur et mon beau-frère, mes frères et mon père. Ma soeur s’emporta et m’injuria. "Tu as quitté une noble religion, me dit-elle, et tu es devenu un proscrit." -"Je suis pire qu’un proscrit, répondis-je, car vous ne pouvez voir l’état de mon coeur. Le Seigneur Jésus m’a dit que je suis le plus grand des pécheurs., Lorsque j’eus prononcé ces paroles, ma soeur s’emporta encore da-vantage et voulut proférer quelques paroles contre Christ. Mon père me demanda ma Bible en ourdou et je la lui donnai. Il com-mença à lire différents passages du Nouveau Testament. "Nous t’avions convoqué pour que tu le réprimandes et tu te mets à prêcher Christ,, dit ma soeur. "Tu n’as aucun droit de critiquer le Seigneur Jésus, puisque tu ne sais rien de Lui", répliqua mon père. "Tu peux dire ce que tu veux contre ton frère, mais ne dis rien contre Christ., Ils restèrent tous stupéfaits et se séparèrent.
 

 

La conversion de mon père
 

Le lendemain, mon père assista à un culte et après le service, nous nous prome-nions tous les deux dans la rue, quand un Sikh que j’avais eu le privilège d’amener àChrist, vint à notre rencontre. Il raconta son expérience à mon père. Celui-ci lui dit qu’après son entrevue avec moi à Bombay il était tout malheureux. Il était allé voir des sadhous et des sanyasis et leur avait demandé de lui indiquer le moyen de trouver la vé-ritable paix. Mais tous lui avaient dit que
 

c’était une chose très difficile à atteindre. Un certain dimanche, mon père passa devant une église à Lahore. Le service allait com-mencer, il y entra, sans y faire particulière-ment attention et s’assit dans l’une des der-nières rangées. Dès que le service fut com-mencé, il vit une grande lumière. En aper-cevant la lumière éclatante, il s’écria: "oh Seigneur, Tu es aussi mon Sauveur., Et une grande paix vint inonder son âme.
 

Avant de quitter Karachi, mon père me dit: "Tu peux rentrer au foyer quand tu le voudras., Ainsi je rentrai. Tous mes amis et connaissances vinrent me voir. Ils me fai-saient des remontrances du matin au soir. Chaque homme et chaque femme avait quel-que chose à dire. Mais je demeurais calme.
 

Puis mon père me dit: "Pourquoi ne rends-tu pas ton témoignage à l’église? Mais le pasteur hindou de l’assemblée locale ne voulut pas m’y autoriser. Il dit: "Tu as tant de connaissances et d’amis dans cette ville. Vu leur mentalité, ils créeraient certainement du trouble., - "Je suis prêt à tout", lui dis-je. Des réunions eurent donc lieu dans l’église nouvellement construite, et des gens de toutes sortes y vinrent. On avait de la peine à trouver une place, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. J’y rendis mon témoignage et, après la réunion, beaucoup de gens se ras-semblèrent autour de moi et me dirent:

"Nous aimerions te poser quelques ques-tions." Et je me mis à leur disposition.
 

L’un d’eux me demanda: "Est-ce que ta religion te permet de désobéir à tes parents? Est-ce que ton amour te permet de décevoir tes parents? Si ton père a dépensé 25.000 rou-pies pour ton éducation, il était certainement de ton devoir de lui demander son consente-
 

ment pour devenir chrétien. Considère ton père: C’est un homme brisé dans son coeur. Est-ce cela que tu appelles aimer ? J’allais répondre lorsque mon père se mit à parler. Mon père a une voix aussi forte que la mienne. Il dit donc aussi fort qu’il put: "3e ne suis pas du tout un homme au coeur bri-sé. Pourquoi associez-vous mon nom à tout cela? Je suis convaincu que mon fils possède la paix véritable. Avant que vous posiez d’au-tres questions, j’aimerais vous demander s’il y en a un seul d’entre vous qui puisse affir-mer avoir en lui la paix éternelle. Je sais que mon fils à la paix véritable. Avancez, s’il vous plaît, si, vous aussi, possèdez cette paix. Car je ne permettrai à personne d’entre vous de poser ces questions, s’il n’a pas la vraie Paix." En entendant ces mots, les gens me regardèrent d’abord moi, puis ils regardèrent mon père, puis ils se dispersèrent.

Depuis ce moment-là, j’ai eu souvent le privilège d’aller dans ma ville natale et j’y ai dirigé plusieurs réunions dans l’église locale. A présent, la haine des premiers jours a dis-paru. Mon père est vraiment né de nouveau et il en rend témoignage. Il est très fidèle, mais il n’a pas encore été baptisé. Il voulait attendre ma mère qui est très religieuse. Elle dit avoir donné un fils au Seigneur Jésus-Christ et elle a foi en Lui. Un jour, ma mère eut un accès de fièvre typhqïde. Mon frère appela un médecin anglais pour la soigner. Lorsqu’il fut reparti, elle me dit: "Je ne pren-drai aucun médicament. Vous prierez et je serai guérie." La nuit même le Seigneur la guérit. Mon père lit tous les j ours la Bible et ma mère écoute attentivement, mais elle n’est pas encore née de nouveau. Puis-je de-mander vos prières pour elle? Mon père, lui, est né de nouveau, ainsi que l’un de mes jeunes frères qui a été baptisé.
 

(P.S.: Depuis que j’ai écrit ces lignes, j’ai eu le privilège de baptiser mon père, le 25 dé-cembre 1945, à Madras et il a été appelé par le Seigneur dans la gloire le 3 juillet 1946.)
 

"Le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien, le fruit de l’olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture, les brebis disparaîtront du pâturage, et il n’y aura plus de boeufs dans les étables. Toute-fois je veux me réjouir en l’Eternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut." (Hab. III, 17-18)
 

 

La nouvelle naissance
 

Nous nous demandons souvent comment saisir la présence constante de Dieu, com-ment discerner la volonté parfaite de Dieu et comment devenir un instrument de salut pour nos bien-aimés: amis, voisins, ennemis.
 

"Tout ce que le Père me donne, viendra à moi" (Jean VI, 37). Le Seigneur Jésus Christ nous assure par ces paroles qu’Il ac-cueillera chacun de ceux qui désirent Le connaître, L’avoir et être conquis par Lui. Ainsi ceux d’entre vous qui sont lourdement chargés de péchés et de soucis terrestres sont invités en ce moment même à venir àLui sans hésitation. Dois-je vous dire qu’au moment même où vous ferez un effort pour venir au Seigneur Jésus-Christ, toutes les puissances des ténèbres commenceront à tra-vailler dans votre coeur et à y susciter des doutes, des craintes et des appréhensions. Mais l’assurance nous est donnée par ce Seigneur même qui a dit: "Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre., (Math. XXVIII, 18). Il est aussi écrit dans Jérémie XXIX, 13: "Vous me chercherez et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur. Et le Seigneur dit: "En vérité, en vé-rité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle." (Jean VI, 47) Votre part à vous, c’est de vous agenouiller et de croire en Lui; et sa part à Lui, c’est de vous faire le don de la vie éternelle qui nous est offerte libre-ment. "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi; et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu., (Ephés. II, 8)

Ainsi, cher ami lecteur, situ es convain-cu, par Je Saint-Esprit, de tes péchés et de ta nature pécheresse, ne sois pas effrayé de tous les doutes et de toutes les craintes, que l’ennemi sèmera dans ton esprit. Accepte le Seigneur Jésus dans ton coeur et Il viendra en toi comme l’espérance de la gloire: "Ceux a qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir Christ en vous, l’espérance de la gloire. (Coloss. I, 27)
 

La venue et la vie du Seigneur Jésus-Christ dans nos coeurs est appelée l’expé-rience de la Nouvelle Naissance. C’est le sim-ple fait d’accepter que le Seigneur Jésus-Christ vive dans nos coeurs, comme Il l’a dit Lui-même: "Voici je me tiens à la porte et je frappe, Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi." (Apoc. III, 20) Le Sei-gneur Jésus ne se frayera jamais par force un passage dans ton coeur. Si tu entends sa voix, n’endurcis donc pas ton coeur. Le mo-ment même où tu lis ce livre peut être le jour de ton salut. Car Il dit: "Au temps favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai se-couru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut." (2 Cor.VI, 2)
 

Si tu n’obéis pas maintenant à sa voix, ton coeur s’endurcira tic plus en plus et la lumière refusée deviendra ténèbres. L’Esprit de Dieu ne luttera pas toujours avec l’homme. L’Eternel dit: "Mon esprit ne contestera pas toujours avec l’homme., (Gen. VI, 3) L’Esprit de Dieu a lutté avec toi, en te pré-sentant tous tes péchés et la corruption de ta mauvaise nature. Souviens-toi qu’un jour tes membres eux-mêmes commenceront à se corrompre et répandront l’odeur fétide du péché et, en ce jour, le péché que tu as dissimulé sous le vêtement de la culture, de la civilisation, des moeurs, des coutumes, des sourires et des doux propos sera mis à nu. cli n’y a rien de caché qui ne doive être con-nu." (Luc XII, 2) Sur toute la terre et au cours de tous les âges, les hommes ont essayé de couvrir le péché. La lèpre, sans doute, peut dissimuler l’endroit qu’elle affecte, en son stade initial, mais, un jour, la lèpre apparaîtra aux doigts et aux orteils, et en d’autres parties du corps. De la même façon, nos pé-chés sont amenés à la lumière par le regard scrutateur de Dieu. Puis-je te prier de t’agenouiller et de dire, devant le Seigneur ces mots: "Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur. Eprouve-moi et connais mes pensées. Regarde si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l’éternité., (Ps. 139, 23-24) Sois certain qu’à partir du mo-ment où tu t’agenouilleras et où tu commen-ceras à dire ces paroles, ton orgueil sera brisé et la racine de ton péché sera détruite par le sang précieux de Christ. Quand le Saint-Esprit découvre à tes yeux les péchés com-mis depuis les jours de ton enfance, recon-nais-les en ces termes: "Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité. J’ai dit: J’avouerai mes transgressions àl’Eternel! et tu as effacé la peine de mon
 

 

Confession
 

Confession signifie humilité Dieu ne peut pas faire d’exceptions. A moins de con-fesser nos péchés à genoux, et de les con-fesser tous, un certain orgueil restera dans nos coeurs et Dieu ne peut pas entrer dans un coeur orgueilleux: "Car, ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint: J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les coeurs contrits." (Esaïe 57, 15) Plus nous nous approchons du Seigneur, plus nous pre-nons conscience de la corruption de notre mauvaise nature. Lorsque Job vit Dieu, il prononça ces paroles: "Mon oreille avait en-tendu parler de toi, mais maintenant mon oeil t’a vu. C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et la cendre." (Job 42, 5-6)
 

Après notre confession, nous sommes prêts à recevoir le Prince de la Paix dans no-tre coeur et, au moment même où nous L’ac-ceptons comme notre Seigneur, nous deve-nons Ses enfants. "Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en Son Nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu." (Jean I, 12) Ainsi croire en Son Nom signifie Le recevoir comme le Seigneûr Jésus-Christ vivant dans nos coeurs, après que nos péchés aient été lavés par son sang. Nous sommes aussi rapprochés de Lui par son sang. "Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été
 

rapprochés par le sang de Christ." (Ephés. II, 13) Et ce même sang de Christ purifie notre conscience de toute oeuvre morte. "Combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éter-nel, s’est offert Lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vi-vant !" (Hébr. IX, 14)
 

 

Triple victoire
 

Aussi longtemps que notre conscience n’est pas purifiée, nous sommes incapables de vaincre le péché. Ainsi, cher Ami, dès que tu acceptes par la foi le sang du Seigneur Jésus-Christ pour la purification des péchés, tu es libéré de l’esclavage du péché et de l’es-de toute espèce de crainte. Trois choses nous sont offertes comme dons gratuits, lorsque nous acceptons le Seigneur Jésus-Christ comme notre sauveur personnel. D’abord la victoire sur le monde: "Car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde, et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi." (1. Jean V, 4) Ensuite, la victoire sur le péché. "Nous savons que quiconque est né de Dieu ne péche point; mais celui qui est né de Dieu se garde Lui-même, et le malin ne le touche pas." (1 Jean V, 18) Enfin, nous avons la victoire sur la mort: "L’aiguillon de la mort, c’est le péché, et la puissance du péché, c’est la loi; mais grâces soient rendues àDieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ." (1 Cor. XV, 56-57)
 

 

En recevant ces trois dons, nous deve-nons collaborateurs du Seigneur Jésus-Christ. "Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, i’4difice de Dieu." (1 Cor. III, 9) Etant devenus Ses collaborateurs, nous siégeons ensemble avec Lui: "Il nous a ressuscités ensemble et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ." (Eph. II, 6) Ceux qui deviennent collaborateurs du Seigneur Jésus-Christ deviennent également participants de son royaume céleste et de toutes les choses qui lui appartiennent. "Que personne donc ne mette sa gloire dans des hommes; car tout est à vous, soit Paul, Soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous, et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu." (1. Cor. III. 21-23) "Ayant donc l’assurance de posséder toutes ces choses, nous avons la paix parfaite dans nos coeurs". "Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trou-ble et ne s’alarme point." (Jean XIV, 27)
 

 

Cher frère lecteur, je t’invite à accepter ici même ces paroles, au Nom du Seigneur Jésus-Christ. En les lisant, tombe à genoux et reconnais-Le comme le Seigneur des seigneurs, le Prince de la Paix, le Roi des rois et comme ton véritable ami personnel. Je puis dire par expérience qu’aucune joie au monde ne saurait être comparée à la joie de possé-der le Seigneur Jésus-Christ vivant en nous. Il résout mes problèmes, Il répond à mes questions, Il porte mes fardeaux, II donne la force de vaincre dans les tentations et Il me rend capable de partager ma joie avec d’autres. En même temps, Il me fait l’honneur de marcher avec moi et de s’entretenir avec moi, à chaque étape de ma vie. Veux-tu L’accepter comme ton Seigneur et Sauveur aujourd’hui même? Que le Seigneur te bénisse. Que le Seigneur veuille t’accorder une compréhension de ses mystères secrets et la foi simple de proclamer les grandes choses d’un grand Dieu. C’est là ma prière pour toi.

 

 

II

Premiers pas dans la vie de la foi

Au cours des années qui se sont écoulées depuis ma conversion, le Seigneur Jésus-Christ est devenu de plus en plus précieux et réel pour moi au travers des nombreuses épreuves qui vinrent m’assaillir comme une marée. Dans mon témoignage qui précède j’ai dit comment j’ai trouvé la (joie ineffable et glorieuse,, comment le Seigneur Jésus-Christ m’a cherché et m’a sauvé. J’ai trouvé une grande joie, une grande paix coulant comme une rivière, mais j’ai découvert aussi que j’aurais à affronter de grandes épreuves après ma conversion.
 

 

La Pauvreté
 

En décembre 1929, le Seigneur Jésus-Christ devint mon Sauveur. Pour être plus précis, ce fut le 19 décembre 1929, à onze heures trente du matin et, dès le début de mon expérience chrétienne, j’eus à affron-ter toutes sortes d’épreuves. La première fut la pauvreté. Avant ma conversion, mon père m’envoyait n’importe quelle somme d’argent. Il m’envoyait régulièrement assez d’argent pour couvrir les dépenses de quatre ou cinq mois, et si j’en voulais davantage, j’envoyais un télégramme auquel il répondait aussitôt en m’envoyant ce que j’avais demandé. Mais après ma conversion, mon père ne put plus m’envoyer d’argent.

De nombreux mois passèrent sans que je reçoive aucune nouvelle de mes parents. J’écrivais de nombreuses lettres, mais je n’obtenais aucune réponse. J’envoyais des télégrammes, toujours pas de réponse. Je ne
 

savais pas ce qui se passait chez les miens. Toutes sortes de pensées me préoccupaient à ce moment-là. Je me demandais ce qui était arrivé à mon père et à ma mère pour qu’ils ne répondent pas même à mes télé-grammes. Je n’avais même plus d’argent pour écrire de lettres, et je vivais dans une ville étrangère, inconnu de tous, sans ami. Je pris la résolution de ne m’adresser à personne pour demander de l’aide et me mis à cher-cher du travail. 1929 fut l’année la plus dure pour toute l’Amérique, les chômeurs se comptaient par milliers. Je vis des gens qui avaient été très riches, aller de maison en maison pour vendre des biscuits et des gâ-teaux afin de gagner leur vie. Ce fut pour moi l’épreuve de la pauvreté. Je partais, le matin, de bonne heure, pour chercher du tra-vail et je passais toute la journée à parcou-rir les magasins, les ateliers et les usines en demandant: "Monsieur, n’auriez-vous pas du travail pour moi? - et la réponse était tou-jours la même: "Je n’ai pas de travail pour vous." J’allais ainsi d’une affaire à l’autre, recevant invariablement la même réponse:

"Je regrette beaucoup, mais il n’y a rien pour. vous." J’entendais cette réponse du matin au soir, cheminant durant des heures de maison en maison et de magasin en magasin, pen-dant quatre mois. Après quatre mois de re-cherches, j’obtins un emploi en qualité de cuisinier. Ce n’était vraiment pas ce que j’au-rais choisi.
 

 

La pâte d’oignons
 

Cela se passa de la façon suivante. Lorsque je voyageais d’Angleterre au Canada, j’avais rencontré sur le bateau quelques per-sonnes qui m’invitèrent un jour chez eux et qui émirent le désir de goûter une sauce indienne authentique. Ils avaient justement zinc rencontre amicale et je préparai une sauce indienne pour les deux ou trois personnes qui la désiraient. Quatre mois après, je les rencontrai à nouveau et ils me proposèrent de travailler chez eux comme cuisinier. Ce fut là mon premier métier!
 

Je remercie Dieu de m’avoir aidé et de m’avoir parlé au moyen d’oignons, de piments et d’autres ingrédients. Je dus faire une pâte avec deux seaux d’oignons, si bien que les larmes ruisselaient sur mes joues. Ensuite j’ajoutai à cette pâte, du beurre ou de la poudre de cari, ce qui donna, une fois cuite, une sauce délicieuse. Et je me disais que nous étions tous comme des oignons ou des ingrédients amers employés pour la cui-sine. Certains sont très piquants, comme les oignons, d’autres encore sont aromatisés comme des épices, mais lorsque nous sommes mélangés et apprêtés par le Saint-Esprit, nous pouvons tous dégager un amour divin. Dieu me parlait ainsi et la Parole de Dieu com-mençait à dc’venir très concrète pour moi. Je comorenais que c’était là mon école pour un ministère futur. Je ne savais pas encore comment Dieu m’emploierait, mais je sentais que Dieu m’appelait à Son service.
 

Un matin, lorsque j’étais étendu sur mon lit, là-bas en Amérique, j’aperçus soudain devant moi sur le mur, une carte de l’Inde avec une croix toute brillante en son centre, et j’entendis une voix qui me disait: "Si tu veux me servir, il faut que tu laisses ta vie à la Croix." Cela a dû se passer au début de mars 1930. Je ne pouvais pas comprendre comment je pourrais un jour servir le Sei-gneur, mais la croix brillante me rappelait toujours que le jour viendrait où je devrais parcourir l’Inde tout entière avec le message de Dieu. En attendant, je continuais à chercher du travail.
 

 

Agent de police de Toronto
 

Je reçus une lettre de Toronto, une ville située à 3000 kilomètres à l’Est de Winnipeg. La maison qui m’écrivait m’offrait de me faire suivre un cours d’ingénieur agronome si je m’y rendais. Or c’était là juste ce que je désirais. Cette maison fabriquait toutes les machines agricoles et m’offrait un emploi dans son usine. Mais je n’avais pas les moyens de m’acheter le billet de chemin de fer pour un si long voyage. Je m’agenouillai et priai: "Seigneur, si tu veux que j’aille là-bas, je te prie de pourvoir aux frais du voyage."
 

Le dimanche matin suivant, je me rendis à un culte tout proche, et lorsque l’école du dimanche fut terminée, un homme de haute taille appelé Monsieur Flynn vint à moi, me serra la main et me dit: "Mon frère, si tu veux te rendre à Toronto, je t’y enverrai." Je ne lui avais pas parlé de mes projets. En-suite, il me demanda si j’étais disposé à de-venir agent de police à Toronto. Lui-même était commissaire de police à Toronto et cherchait deux agents pour voyager en train spécial de Winnipeg à Toronto, seulement deux agents pour deux jours. Etais-je dis-posé à y aller? Le voyage du retour serait payé. J’avais prié de pouvoir me rendre àToronto, c’était l’exaucement de Dieu: Je devins agent de police pendant deux jours. Je crois que lorsque nous accomplissons le service de Dieu, nous devons être vigilants comme un agent de police. Je ne le savais pas alors, mais Dieu le savait. Ainsi il me
 

formait en faisant de moi un agent de police. Pour me rendre à Toronto, il me fallait l’ar-gent pour l’aller, mais Dieu pourvut aux frais de l’aller et du retour. Je remarquai que la main de Dieu conduisait mes pas dans toutes ces directions et je commençai à rencontrer ici et là des gens que Dieu préparait pour son service.
 

 

Je me rendis donc à Toronto. Mais en me ‘donnant les fonctions d’agent de police, on ne me donna aucun salaire, aucun ar-gent, uniquement mon billet de retour. Je me trouvais donc dans une grande ville sans argent. J’avais quelques francs qui me per-mirent d’acheter un petit paquet de cacao. Je mélangeai ce cacao avec de l’eau chaude prise au robinet de la salle de bain, et sans sucre, je le buvais le matin, à midi, le soir et durant la nuit. Je me nourris ainsi pendant dix j ours avec ce petit paquet de cacao, alors que je travaillais à l’atelier et rentrais le soir très fatigué. Je savais que Dieu avait quelque intention et zife préparait pour quelque chose. A cette époque je ne comprenais pas, mais ce furent pour moi des journées extrême-ment heureuses. Je devais faire plusieurs ki-lomètres pour aller à l’atelier et en revenir, car je n’avais pas d’argent pour voyager en autobus, mais je me rappelle avec gratitude toutes ces épreuves, car le Seigneur devint alors plus réel pour moi.
 

 

De nouvelles bottes
 

Puis vint l’hiver. Au Canada, l’hiver est très rude et, à moins d’avoir des vêtements particulièrement chauds, il est très difficile de le supporter. Chaque matin, je priais le Seigneur de me réchauffer, puisque je n’avais
 

pas d’argent pour acheter, ni chandail, ni cache-nez, ni pardessus. La nuit, pour avoir chaud, je devais ramener mes genoux sur ma poitrine. Le Seigneur commençait à me par-ler dès les premières heures de l’aube. Je ne saurais me rappeler un seul jour au cours du-quel un doute serait monté en moi. Je savais qu’à cause d’un plan caché, qui rp’était in-connu, Dieu permettait ces peines et ces pri-vatiofis actuelles.
 

Je devais faire de nombreux kilomètres dans des chaussures aux semelles terriblement trouées, et vous savez qu’en sortant ainsi, dans la neige et la pluie, avec des chaussures trouées, on peu facilement pren-dre froid. La partie supérieure des chaussu-res était intacte, mais les semelles étaient en piteux état. Je priai et demandai au Sei-gneur de me donner une nouvelle paire de chaussures. Ce même jour, j’avais un rendez-vous avec un monsieur; j’astiquai donc mes chaussures trouées et me présentai à son bureau. Au~ courant de notre conversation, le monsieur s’arrêta soudain et me dit: "Me permettez-vous de vous acheter une nouvelle paire de bottes? Ne refusez pas, s’il vous plaît. Quelqu’un m’a donné l’argent néces-saire pour cela." Voilà comment le Seigneur me donna une nouvelle paire de bottes. Je remarquai plus tard que dans toutes les pe-tites choses, Dieu commençait à parler en ma faveur, parce que j’étais décidé à ne faire aucune allusion à mon besoin, à ma faim, ma soif. Je me disais en moi-même: "Si le Sei-gneur Jésus-Christ a lavé tous mes péchés, il me donnera certainement toutes choses sans aucun souci, ni aucune anxiété de ma part. Si je souffre maintenant, cela sert àl’accomplissement de quelque plan divin que Dieu connaît."
 

Le temps s’écoulait; et j’éprouvai, un matin, un fort désir d’écrire à ma mère, mais je n’avais pas d’argent pour acheter de tim-bres, ni de papier à lettres. Je m’agenouillai et priai: "Seigneur, je crois que ma mère pense à moi et j’aimerais bien lui écrire. Je n’ai pas d’argent pour acheter des timbres et du papier." Je me relevai et fouillai dans mes poches. Dans l’une d’elles, je trouvai une petite pièce de monnaie. Il était bien douteux que cette pièce pût suffire à l’achat des timbres. J’appelai un petit enfant, lui donnai la pièce et l’envoyai acheter des tim-bres. Quelques instants plus tard, une dame vint me voir et me demanda pourquoi j’avais donné cette pièce à l’enfant. Je m’excusai di-sant que je regrettais beaucoup de ne pas avoir autre chose. Elle me dit alors que c’était une pièce d’or, qu’elle n’en avait plus vu depuis de nombreuses années. Elle ajouta qu’elle avait vu autrefois au Pundjab une pièce de monnaie analogue, mais n’en avait jamais revue. Je me demandais comment une pièce pouvait être dans ma poche et je dis à cette dame que ce devait être du cuivre et non pas de l’or. Mais elle persista dans son affirmation et elle avait raison. Je ne peux pas vous dire comment cette pièce d’or avait été introduite dans ma poche, mais c’est ainsi que Dieu subvint à mon besoin ce jour-là.
 

 

La prière casse la machine.
 

Pendant mon apprentissage agricole, je dus travailler dans différentes fermes et labourer dans les champs. Ainsi le Seigneur m’envoya en divers endroits. Au Canada, quand les céréales sont mûres pour la mois-
 

son, elles sont coupées par des machines et liées en petites gerbes. Ces gerbes sont transportées par camions vers d’autres machines où elles sont battues pour séparer la balle du grain. J’étais occupé dans une ferme où les gens devaient travailler sans répit afin d’achever la moisson en son temps, car l’été y est très court. Le travail commençait àquatre heures du matin et se poursuivait jus-qu’à sept ou huit heures du soir. Je n’avais jamais travaillé autant que cela, mais j’étais sûr que je devais rester à mon poste. Mon occupation consistait à aller dans les champs avec deux chevaux, à ramener toutes les ger-bes (un chargement très lourd) et à remplir les deux demi-chariots de la batteuse. Je de-vais m’arranger pour approvisionner la machine pendant qu’elle fonctionnait. Un jour j’étais très fatigué. Mes jambes et mes poi-guets me faisaient très mal et je me sentais épuisé. Et il y avait encore devant moi quatre heures de travail. Je me mis à prier: øh! Seigneur, donne-moi la force de terminer le travail ou bien brise la machine!, Le Seigneur brisa la machine! Toute la machine s’arrêta, et les ouvriers eurent quatre jours de congé tandis que les mécaniciens la réparaient. Mais ne priez pas de la sorte tous les jours. Si vous allez à l’atelier demain matin, ne de-mandez pas à Dieu de briser la machine! fi y a cependant des occasions où le Seigneur nous délivre de situations embarrassantes de façon remarquable.
 

Je vécus ainsi pendant deux mois environ avec des ouvriers et des manoeuvres qui s'adonnaient à toutes sortes de vices: tabac, boisson, jeu et autres vices. Nous occupions à sept une petite pièce servant de grenier àgrain. Nous avions à deux un petit lit; mon compagnon avait l’habitude de dormir à l’un des angles, recroquevillé sur lui-même, tan-dis que je devais. me tenir tout à fait au bord du lit. Je devais prier: "Seigneur, donne-moi un peu de sommeil." Le Seigneur répondait à ma prière et me donnait le sommeil, bien que le matelas fût plein de souris et de poux. Je savais que le Seigneur me préparait pour quelque chose. Ainsi grâce à cette épreuve, quand nous passons maintenant n’importe o~i dans les villages pour annoncer l’Evangile, l’endroit et le mode d’hébergement nous importent peu. Le Seigneur nous accorde toujours le sommeil, même sur des dalles de pierre!
 

 

Les portes s’ouvrent
 

A ce moment-là, je ne savais pas que le Seigneur m’appelait à Son service, car je pen-sais devoir gagner beaucoup d’argent pour le donner au Seigneur. J’avais l’intention de de-venir ingénieur et de parcourir toute l’Inde pour gagner de l’argent et le donner ensuite à Dieu. Le Seigneur dit: "Je ne veux pas ton argent, c’est toi que je veux., Je remercie Dieu d’avoir pu Lui donner ma vie tout en-tière pour son service. Le 4 avril 1932, à deux heures trente du matin, je Lui ai dit: "Seigneur, je ne sais pas comment tu peux m’em-ployer, mais je suis prêt à être utilisé par Toi. Envoie-moi dans n’importe quel pays, n’importe où. J’irai !" Alors le Seigneur me dit trois choses: "Abdique tous tes droits sur tes propriétés et sur tes terres au Pund-jab, et ne fais jamais d’allusion à personne au sujet de tes besoins. Deuxiemement: n’adhère jamais à une mission, une société ou une dénomination, et troisièmement, ne te fais jamais ton propre programme." J’acceptai ces trois conditions et, à partir de ce jour, le Seigneur commença à ouvrir des portes dans la ville même où je me trouvais.
 

Une seule fois de ma vie, je préparai des notes pour mon sermon. On me demanda de parler dans un lycée, et je pensais qu’en tant que lycéens, les élèves se moqueraient de moi; je pris donc du papier et un crayon et je préparai très soigneusement mes notes -environ douze pages. Je me rendis au lycée avec la certitude de donner un bon message. Je commençai par lire la première page, puis la seconde et la troisième. De la troisième page, je passai à la neuvième. Je ne sais pas comment cela se produisit, mais je devins tellement nerveux que je fus incapable de trouver la bonne page, alors je mis toutes les feuilles dans ma poche et je commençai àparler tout simplement. A partir de ce jour, je n’ai plus utilisé de notes pour prêcher. Je commençai à prier: Seigneur, vide-moi et enlève de moi mes pensées, mes idées pour me donner Tes pensées et Tes paroles." Il n’a jamais failli.
 

Beaucoup de monde pensait que j’étais un prédicateur très connu aux Indes et àcause de cette fausse idée, on m’invitait àparler. Quand j’acceptais et qu’on venait me chercher on me demandait en général: "Etes-vous Bakht Singh?, Comme je répondais par l’affirmative, les gens me disaient qu’ils s’étaient attendu à voir un homme de haute taille avec une robe flottante. Telle était leur impression, mais ils ne réalisaient pas le moins du monde que je ne savais pas ce que j’allais leur dire et que je devais prier: Seigneur, touche mes livres, touche ma langue et donne-moi Tes pensées et Tes paroles." Et le Seigneur n’a jamais manqué de le faire.

Vancouver est un port de mer très connu. J’ai eu le privilège et la joie d’y prêcher l’Evangile à des Noirs, des Japonais, des Chi-nois, des Italiens, des Hongrois et à d’autres, car toutes les nationalités de tous les pays y étaient représentées. Ce n’était pas là mon plan, mais le plan de Dieu.
 

Après beaucoup de prière, le Seigneur me dit: "Je veux que tu ailles aux Indes le 6 fé-vrier." Je m’adressai au bureau de la Navi-gation et je me renseignai au sujet du départ d’un bateau de Vancouver pour l’Inde le 5 février. On me fit savoir qu’il y en aurait un qui devait quitter le port le 6, et on m’inscri-vit comme passager en me disant que je pour-rais payer les frais du voyage le jour du dé-part. J’informai donc mes amis de mon dé-part pour l’Inde le 6 février. Ils organisèrent rapidement une rencontre d’adieux pour le 4 février. La veille de cette réunion, ils vin-rent me demander si j’avais l’argent neces-saire pour ma traversée jusqu’aux Indes. Lorsqu’ils apprirent que je n’avais pas d’ar-gent, mais que je croyais que le Seigneur en avait en abondance, ils me dirent que je ne pouvais pas faire une telle chose et ils annu-lèrent la réunion d’adieux. Je leur répondis qu’ils pouvaient annuler la réunion, mais que je partirais quand même. Le Seigneur m’avait parlé et je savais qu’Il pourvoirait à mes frais de voyage en son temps à Lui; mais ils ne voulurent pas me croire et annulèrent la ré-union. Deux jours après, je recevais plus que l’argent nécessaire pour le voyage, et comme le Seigneur l’avait bien révélé, je fis voile pour les Indes le 6 février. Le Seigneur m’ac-corda un temps très béni à Vancouver, Yoko-
 

hama, Shanghaï, Hongkong et Singapour, et je compris que le Seigneur m’avait précédé dans toutes ces villes et avait préparé des amis pour m’y recevoir. Je trouvai, confor-mément à Sa merveilleuse promesse qu’il y avait des amis partout, et je fis l’expérience de la vérité de la Parole de Dieu qui dit: "Il les conduisit de Ses mains intelligentes." (Psaume 78, 72)
 

 

Sans foyer à Bombay
 

Lorsque j’arrivai à Bombay le 6 avril 1933, j’apris que mon père et ma mère ne me permettaient de rentrer au foyer qu’à la con-dition de garder le secret sur ma foi, et je commençai donc mon travail à Bombay. Je mis mes bagages dans un coin et commençai à distribuer des traités dans plusieurs quar-tiers de la ville. Cela durait de l’aube jusqu’à minuit. Lorsqu’une personne s’intéressait, elle disait: Voudriez-vous entrer dans cet hôtel pour un entretien?, Et nous nous assey-ions et nous causions ensemble. Ensuite cette personne m’invitait à prendre une tasse de thé et c’était mon petit déjeuner, mon goûter et mon dîner. Pendant sept semaines, je distribuai ainsi des traités et parlai aux~ gens de Bombay. Si quelqu’un s’intéressait, je l’invitais à venir sous le réverbère au bord de la route et là nous parlions jusqu’à deux heures du matin. De cette façon, j’expliquai le chemin du salut selon l’Ecriture, aux Hin-dous et aux Musulmans qui passaient. La rue était mon foyer et le réverbère ma lumière. C’est là que j’avais mon moment de médi-tation. Cependant ce fut un temps très heu-reux. Je remercie Dieu pour tous ces jours au cours desquels le Seigneur Jésus-Christ me devint plus réel et plus cher.

Quelques semaines plus tard, je reçus
 

une lettre de ma soeur à Karachi; elle me de-mandait de venir passer quelques j ours avec elle. Elle avait appris par mon père que j’étais revenu aux Indes et que je cherchais du tra-vail à Bombay. Il ne lui avait pas dit que j’étais devenu chrétien. Quand je fus chez elle et qu’elle remarqua que j’étais devenu chrétien, elle regretta de ne pas pouvoir me recevoir dans sa maison par crainte de son beau-père. Je fus obligé de quitter sa maison et passer de nombreux jours dans le parc public. Je commençai mon travail à Karachi avec six annas. Avec cet argent, j’achetai douze évangiles. Je les vendis à leur tour et en achetai quelques autres avec le produit de ma vente. Je continuai ainsi à acheter et àvendre des évangiles. Si quelqu’un voulait apprendre quelque chose de Christ, je le prenais sous un arbre et lui parlais du Sei-gneur Jésus-Christ, et le Seigneur commença à travailler de façon merveilleuse.
 

 

Gagneur d’âmes à Karachi
 

Un jour où je parcourais un marché, je vis un jeune homme venir à moi. J’essayai de l’arrêter mais il ne s’arrêta pas. Plus je le pressais, plus il courrait. A la fin, il dit:

"Que voulez-vous? "Je suis chrétien, répli-quai-je, et le Seigneur m’a sauvé. Je voudrais vous raconter comment j’ai été sauvé." -"Je n’en veux pas de votre religion, dit-il. J’en ai assez de la vie et je vais me suicider en me précipitant dans la mer., - "Mais pourquoi n’attendriez-vous pas jusqu’à de-main, continuai-je. Quelques heures de plus ou de moins n’y changeront rien." Il accep-ta cette suggestion et je l’emmenai dans un petit parc où je lui lus quelques versets de la Bible. II déclara qu’il se sentait mieux et qu’il pourrait attendre jusqu’au lendemain. Il vou-
 

lut savoir s’il pouvait me revoir le jour sui-vant. Nous décidâmes de nous rencontrer dans le même parc, et qu’après un ultime entretien, il se suiciderait. Mais après notre conversation, il déclara qu’il n’avait plus au-cune envie de mettre fin à ses jours, il déci-dait en savoir plus long à propos de la joie éternelle dont je lui avais parlé. Voilà com-ment le Seigneur commença à me donner des âmes de façon tout à fait merveilleuse.
 

 

Je me rappelle un jour - il était une heure du matin - j’étais très fatigué et j’al-lais me reposer, lorsque j’entendis une voix disant: "Lève-toi et sors." Je répliquai que j’étais très fatigué, que mes jambes me fai-saient mal et que j’avais un grand besoin de sommeil. Mais la voix répéta: "Lève-toi et sors." Tout en grommelant j’endossai le man-teau dont les poches contenaient des traités dans toutes les langues destinés à la popula-tion cosmopolite de Karachi. Dès que je fus dehors, je vis deux jeunes gens marcher de-vant moi. Arrêtez, s’il vous plaît, leur criai-je; j’ai quelque chose à vous dire. Quand ils s’approchèrent, je leur dis comment j’étais sur le point de me coucher quand la Votx de Dieu m’avait envoyé auprès d’eux. Ils dirent que ce devait être la Voix de Dieu, puisque c’était un moment insolite pour se promener, et ils me demandèrent de leur donner le mes-sage. J’ouvris ma Bible, y lus quelques versets et leur parlai de ma conversion en leur don-nant mon témoignage. L’un des hommes, nommé Kulkarui, dit: "Je sais que Dieu vous a envoyé pour moi. J’étais très malheureux et je désirais une Bible. Pourriez-vous m’en donner une ?" [1 acheta une Bible et crut au Seigneur Jésus-Christ. Quelle joie de trouver aux Indes ces âmes à la recherche de la vie!
 

 

Après avoir prié, j’eus la conviction que je devais me rendre dans un petit village àenviron 155 milles de Karachi. Je demandai à un ami de m’y accompagner, et nous nous mîmes tous les deux en route. La langue de cette province est le sindhi et je ne connais-sais que quelques mots du Sindhi courant. il s’y trouvait beaucoup de musulmans qui savaient à la fois le sindhi et l’ourdou et je pensais que je pourrais peut-être trouver un volontaire pour me traduire. Arrivé au vil-lage, je me mis aussitôt en quête d’un homme qui parlât à la fois le sindhi et l’ourdou. J’ap-pris qu’il y avait un musulman qui connais-sait les deux langues; mais quand nous nous renseignâmes plus amplement à son sujet, nous apprîmes qu’il était mort la nuit même. Nous nous dîmes qu’il ne nous serait pas d’une grande utilité. Nous demandâmes con-seil à Dieu. Nous nous rendîmes ensemble au bord de la rivière et priâmes pendant deux heures environ; au bout de ce temps, nos vê-tements étaient pleins de sable. Le Seigneur me dit: "Je veux que tu parles en sindhi." Je répondis: "Comment pourrais-je parler en sindhi? Je n’en connais que quelques mots., Mais le Seigneur répondit: "Va et parle." Nous nous rendîmes au village et rassem-blâmes une petite foule. Je leur dis mon re-gret de ne pas connaître couramment leur langue, mais les paroles et les pensées se pré-sentèrent à mon esprit, je ne sais trop com-ment. Nous pûmes ainsi voir la main intelli-gente de Dieu nous conduire.

Le lendemain, matin, une voix se fit en-tendre: Traverse la rivière et rends-toi au village appelé Bano." Nous traversâmes la rivière en bateau et le soir, juste au coucher du soleil, nous arrivâmes à un petit village.
 

Nous allâmes au centre du village où nous vendîmes des évangiles. Un musulman se présenta et s’adressa à nous en termes bour-rus; il était extrêmement irrité. Il nous de-manda: (Pourquoi êtes-vous venus dans ce village? Vous autres chrétiens ne pouvez pas parler du ciel ici. Nous lui dîmes que nous n’étions pas venus en ce lieu par nous-mêmes, mais que nous étions envoyés par Dieu. Nous avions entendu la Voix de Dieu et nous étions venus pour donner le message de Dieu. Nous n’étions pas des missionnaires, et ne faisions qu’apporter le message de Dieu. Ensuite il nous demanda où nous logions. Nous lui dîmes que nous logions où nous étions. Puis il nous questionna au sujet de notre nourri-ture. Nous lui dîmes que nous ne savions pas d’où elle nous viendrait. Alors il nous pro-posa de séjourner dans sa maison où il in-viterait les gens à entendre le message de Dieu, et il se mit à notre disposition pour tra-duire le message. Je pensais qu’il essayait de nous tendre un piège, aussi me mis-je à prier, et Dieu nous dit de ne pas nous effrayer, majs de le suivre. Il possédait un vaste do-maine autour de sa maison et, après nous avoir donné à manger, il apporta des chaises dans le domaine et envoya des serviteurs chercher les villageois. Le chef du village traduisit le message.

Lorsque j’eus terminé par la prière et que tout le monde fut rentré chez soi, un agent de police musulman apparut et dit:

"Pourrais-je avoir un entretien avec vous? J’ai attendu pendant cinq ans avant de ren-contrer quelqu’un qui pût m’expliquer quel-que chose du Seigneur Jésus-Christ. Quel-qu’un m’a donné un Evangile de Luc que j’ai lu à de nombreuses reprises, mais je n’arrive pas à le comprendre. Je suis tellement recon-naissant que vous soyez venus dans mon village." Durant toute la nuit, ce musulman écouta chaque parole et il acheta ensuite une Bible complète en ourdou.
 

 

Rivière dans le désert
 

Nous traversâmes plusieurs villages dans ce désert solitaire du Sind, où aucun missionnaire n’était encore jamais venu pr~cher l’évangile. Quelle joie de parcourir ces rou-tes étroites et de visiter ces jolis villages, bien que nous ayons eu à rencontrer et à ex-périmenter toutes sortes de privations. Aptès avoir parcouru trente milles, nous pénétrâ-mes dans l’un de ces petits villages et, éprou-vant une vive sensation de faim, nous nous rendîmes au marché du village. Mais aucun vendeur ne voulut nous vendre à aucun prix ni riz, ni froment. Avec beaucoup de difficul-tés, nous recûmes un peu de farine, du riz rouge que nous mîmes dans deux gros "chappatis", mais nous n’avions rien d’autre à manger avec cela. En demandant au mar-chand, il nous donna une espèce de cghee" qui contenait beaucoup de sable et de gravier et que l’on donne d’habitude aux chameaux et aux ânes. fi nous le donna uniquement pour nous éprouver. Ainsi avec les chappa-tis" et le "ghee" plein de gravier, nous fûmes obligés de parcourir encore dix milles. Bien que tout fût plein de sable, nous jouîmes de chaque bouchée, car nous étions affamés.

Nous arrivâmes à un autre village et pri-âmes: Seigneur, s’il devait y avoir ici un chrétien, veuille nous conduire auprès de lui." Un petit garçon du village offrit de nous conduire à la maison d’un chrétien. Nous rencontrâmes ce dernier et il nous donna à manger. Nous lui dîmes que Dieu nous avait envoyés ici pour annoncer l’Evangile.
 

Il nous accompagna et nous eûmes une réu-nion devant un temple hindou, bien que nous ayons parcouru plus de trente milles. Nous avions un lourd fardeau sur nos coeurs, et après une prière, nous transmîmes le mes-sage de Dieu. Nous ne savons pas combien nous avons vendu de Bibles ce jour-là, mais les gens venaient en grand nombre pour en acheter. Rappelez-vous que tous ces plans nous furent donnés par la prière, jour après jour. De là, nous fûmes envoyés par la prière dans un autre village appelé Joishai. C’était un petit village habité par des gens qui tra-vaillent la pierre. En une seule nuit, un nom-bre important de personnes trouvèrent le Sei-gneur, à mesure que le Seigneur les attirait à Lui.

Dieu ouvrit la porte dans beaucoup de parties du Sind. Nous visitâmes l’une après l’autre les provinces du Sind, qui sont les plus dépourvues de travail missionnaire aux Indes. Pendant 70 ans aucun travail mission-naire n’y avait été fait et seuls 20 sindhis étaient devenus des chrétiens, quelques-uns d’entre eux étaient retournés à leur religion d’origine. Ce fut dans ces provinces déshé-ritées que le Seigneur me conduisit de ses mains intelligentes, et nous passâmes d’in-nombrables heures à parcourir les rues de Karachi, de Haïderabad (Sind) et d’autres villes. Je savais que le Seigneur me prépa-rait et m’instruisait au milieu de toutes ces privations. Ces expériences devinrent ma joie par la suite.

Nous arrivâmes à Chikarpal. Un matin de bonne heure, j’entendis une voix qui me disait d’envoyer quelqu’un dans un lieu voi-sin appelé Jak Babar, une petite ville sur la route de Quetta, vers le Nord de l’Inde. Le Seigneur me dit d’envoyer dans ce lieu quelqu’un avec une Bible en ourdou. J’appe-
 

lai mes amis et leur dis de se rendre au vil-lage; je les munis de Bibles en ourdou. Ils me dirent que c’était un village sindhi et que sans doute personne n’y connaissait l’ourdou. Je leur répondis que je ne le savais pas, moi non plus, mais que c’était le désir du Sei-gneur. Ce matin donc ils partirent pour le village et prirent un très petit paquet de li-vres. Ils le déposèrent quelque part et se mirent à parcourir le marché pour vendre des Evangiles. A peine eurent-ils fait quel-ques mètres qu’ils rencontrèrent un jeune homme nommé Mohammed Hussain qui leur demanda une Bible en ourdou. ils lui dirent qu’ils en avaient une quelque part dans une boîte et qu’ils la lui apporteraient, s’il vou-lait bien attendre. Il s’enquit du prix, la paya et les invita à l’hôtel, où il leur fit servir des gâteaux et du thé en témoignage de recon-naissance. Plus tard, le même homme vint àmoi et me déclara être un marchand de tapis qui avait visité le Sind pour des raisons d’af-faires. Il désirait une Bible en ourdou depuis des années et était très heureux d’en avoir trouvé une. Il vint à moi pour me remercier, séjourna deux jours avec nous, trouva le Sei-gneur Jésus-Christ et fut baptisé à ~Allahabad quelque temps après. Dieu dirige par sa main habile t Ne pensez pas que Dieu vous laisse-ra seul, Il vous guidera jour après jour. Nous en avons fait l’expérience de tant de ma-nières différentes.
 

 

Le tremblement de terre de Quetta
 

En avril 1935, je me rendis à Quetta. J’avais reçu de nombreuses invitations de cette ville et de personnes d’autres parties de l’Inde, et j’avais décidé de ne pas y aller puisque j’y avais déjà fait en 1934 une caxn-pagne de dix-neuf jours. Mais le Seigneur me
 

demanda clairement de m’y rendre; j’obéis donc à Sa voix et m’y rendis. Je commençai la campagne le 4 mai. Le tremblement de terre se produisit le 31 mai à trois heures du matin. 58.000 personnes furent tuées en quel-ques secondes. Nous avions eu une très grande réunion au cours de la nuit du trem-blement de terre et j’avais insisté vivement auprès des âmes en leur disant que Dieu vou-lait leur salut; j’invitai celles qui désiraient se convertir et être sauvées à rester après la prière. 58 d’entre elles prièrent cette nuit-là, à tour de rôle, avec beaucoup de conviction, se repentant et demandant à Dieu de leur pardonner. A minuit et demi, je me trouvais dans ma tente, très fatigué, j’étais exténué et incapable de dormir. Le Seigneur me deman-da de prier pour ceux qui s’étaient retirés sans avoir trouvé le salut. Je m’agenouillai donc à nouveau et recommençai à prier:

"Seigneur, ne veux-Tu pas les réveiller et les secouer. Secoue-les jusqu’à ce qu~ils s’age-nouillent. Réveille et secoue ceux qui sont encore dans leurs péchés." A trois heures du matin environ, j’eus la certitude que Dieu avait entendu ma prière et je trouvai la paix. Le tremblement de terre se produisit à 3 heures, comme si quelqu’un s’était engagé sous terre et avait secoué toute la ville~ Je ne pensai pas à un tremblement de terre, mais au fait que Dieu répondait à ma prière en secouant les gens. A côté de moi, mon ami fut jeté hors de son lit au moment même. Hommes et femmes criaient ,hurlaient. Je restai à genoux. Une demi-heure après, mon ami pénétra dans ma tente et me dit qu’il y avait eu un tremblement de terre affreux. Les murs des maisons voisines s’étaient fen-dus et tout s’était écroulé. Mais rien ne s’était produit dans ma tente. Je dis à mon ami de se joindre à moi dans la prière et nous conti-
 

nuâmes ensemble à prier jusqu’à 5 heures du matin, disant au Seigneur que nous ne sa-ViOnS pas ce qui était arrivé mais que nous Lui demandions de sauver les âmes qui dé-siraient être sauvées.
 

 

Nous sortîmes pour voir les dégâts. Tous les édifices s’étaient écroulés et la boue, les pierres et les briques ne formaient plus que des monceaux. Quelle tristesse de voir tous ces gens prostrés de douleur, certains avaient perdu un bras ou une jambe. Tout cela s’était produit en moins de 18 secondes. 95% des non-chrétiens furent tués. 8% seulement des chrétiens. Je me renseignai personnellement à ce sujet. Parmi les personnes qui avaient participé à nos réunions, deux seulement fu-rent tuées. Parmi les non-chrétiens, beaucoup avaient bras, jambe ou colonne vertébrale fracturés, mais parmi les gens qui vinrent à nos réunions, il n’y eut pas une seule frac-ture. C’est ainsi que le Seigneur veille sur ses enfants.
 

Nous fûmes obligés de rester là environ deux semaines, allant ici et là pour distribuer des évangiles et secourir les sinistrés. Les rescapés de la catastrophe durent vivre dans des silos à grains sordides sans nourriture et sans vêtements, sans possibilité d’acheter quoi que ce soit. Ils durent utiliser quelques vieilles couvertures pour couvrir les enfants. Certains en manquaient. Je me mis à prier:

Seigneur, ne voudrais-Tu pas me donner au moins 4 ou 5 vieilles couvertures pour ces pauvres enfants." Le lendemain matin, je ren-contrai un homme appelé Monsieur Evans qui offrit de me procurer quelques couver-tures, si j’en avais besoin. Une personne de l’armée lui en avait envoyé quelques-unes, et je pus en prendre à discrétion. J’emportai ainsi 72 couvertures toute neuves. Je n’en avais demandé que 4 ou 5, mais Dieu nous en donna 72, et des couvertures en laine.
 

Un soir, j’aperçus une mère avec son enfant qui pleurait amèrement. Elle m’expli-qua que l’enfant voulait du lait, mais qu’il était trop tard pour en avoir et qu’il n’y avait pas de boutique pour en acheter. Je priai:

Seigneur, cet enfant demande du lait, dis-moi où aller." Le Seigneur répondit: "Va dans telle direction." Je m’engageai dans une cer-taine direction et rencontrai une personne, le docteur Oliver, qui me demanda si je ne voulais pas de lait, puisqu’il y en avait une bonne quantité à l’hôpital. J’avais demandé au Seigneur une tasse de lait et il m’en donna 5 litres. Le lendemain matin, une dame ac-courut en poussant de grands cris, en décla-rant qu’elle était affamée, qu’elle n’avait rien à manger et elle me demanda quelque nour-riture. Je lui dis que le Seigneur pouvait sup-pléer à son besoin, et je me mis à prier, je de-mandai au Seigneur de la nourriture pour cette dame - pas pour moi-même. Le Sei-gneur m’indiqua une certaine direction. Je suivis le conseil et trouvai une tente, où je pus me servir librement de produits alimen-taires. C’est ainsi que le Seigneur suppléa aux besoins de cette dame.

Une autre dame accompagnée d’une pe-tite fille m’ayant aperçu me demanda des vêtements et des chaussures pour son enfant. J’adressai à Dieu des requêtes à ce su1jet. Dieu me dit de traverser la voie du chemin de fer qui passait en cet endroit. J’obéis et fut abordé par une personne qui me remit un paquet en disant: "J’ai reçu un paquet de vêtements d’enfants. N’en auriez-vous pas besoin ?" J’acceptai le paquet avec beaucoup de joie et le remis à la dame, qui l’ouvrit et
 

constata que les habits et les chaussures cor-respondaient à la taille et à la pointure exactes de l’enfant. De cette façon, je remarquai à nouveau combien Dieu s’occupait de nous.
 

 

Il ne t’abandonnera pas
 

Je pourrais continuer à dire comment le Seigneur m’a conduit de Sa main puissante et habile, jour après jour, semaine après se-maine, mois après mois. Il est le même au-jourd’hui. Que l’ennemi ne vous décourage pas. Celui qui vous a sauvés est un sauveur vivant. S’il a pardonné vos péchés, Il ne vous abandonnera pas. Alors que même pour un temps, vous devriez passer par l’indigence, la maladie, les épreuves et les peines, tout a un but que Dieu a fixé. Laissez la main puis-sante vous diriger. Il ne vous abandonnera jamais. Il vous nourrira de la manne céleste. Il subviendra à tous vos besoins et vous fera sortir de l’épreuve en vainqueurs. Mais il faut que vous soyiez sincères envers Lui. N’ayez jamais honte de Le confesser comme votre Sauveur. Parlez de Lui à vos voisins, à vos amis, à tout le monde.
 

Commencez votre journée à genoux avec la Bible. Terminez cette même journée de nouveau avec la Bible. Pendant le jour, trou-vez quelques moments de prière avec la Bi-ble. Lisez la Bible très systématiquement dans un esprit de prière et très lentement, et par la foi, revendiquez les promesses qui vous sont données pour votre vie journalière, et vous verrez que le Seigneur vous instruira jour après jour.

II vous aidera journellement dans toutes vos épreuves; vous trouverez qu’il est fidèle.

Ne permettez jamais au doute ou à la crainte de s’introduire en vous. L’amour du Seigneur Jésus-Christ ne peut jamais changer. Suivez-Le, obéissez-Lui, mettez votre confiance en Lui, laissez-vous conduire par ses mains puis-santes et habiles. Partagez votre joie avec tout le monde et faites ce que Dieu vous dit de faire. Ne regardez pas à la dépense, mais allez de l’avant, et vous aurez beaucoup de joie à obéir. C’est là l’unique secret. Obéissez à Dieu toutes les fois où Il vous parlera et quelles que soient Ses paroles: Seigneur Tu as parlé, j’obéis. Je sais que tu es avec moi et que Tu me conduis. Oh Seigneur, Continue à me conduire sûrement." Voilà le seul se-cret. Que le Seigneur Jésus vous conduise tous sûrement. Le Seigneur veut que vous soyez dirigés par Lui. Il veut sauver beaucoup d’âmes par votre moyen. Soyez fidèles àvotre Seigneur. Il a accompli pour vous bien plus que votre père, votre mère, vos frères, vos soeurs, votre femme ou votre mari, votre directeur de conscience ou n’importe qui. Accordez-Lui la première place, obéissez-Lui et vous verrez votre joie se multiplier, votre paix grandir, les difficultés disparaître et toutes choses se transformer pour la gloire de Dieu.
 

Que le Seigneur le réalise pour vous.