La divinité de Jésus dans le prologue de l'Évangile de Jean
 

Ce que je me propose de faire avec vous ce matin,

1° c'est de regarder dans un premier temps qui est l'apôtre Jean,
2° ensuite de vous exposer le contexte dans lequel il a écrit son évangile,
3° puis nous allons ensuite analyser la description que l'apôtre Jean nous fait de Dieu
dans le prologue de son évangile, chapitre 1 versets 1 à 18
4° et enfin nous allons regarder les applications pratiques pour notre vie.

1° Jean a été l'ami le plus proche de Jésus, littéralement!

Jn.13:23  Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.
24  Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus. 25  Et ce
disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, qui est-ce?

Jean n'a pas fait de grandes déclarations comme Pierre, mais il a été fidèle dans son
amour pour Jésus et l'a suivi jusqu'au pied de la croix, Jésus n'a pas hésité alors à lui
confier sa mère, Marie.

Jésus a confié à Jean aussi des révélations, on pense tout de suite à l'Apocalypse; il y
en a eu d'autres aussi, par exemple, qui le trahirait, comme on a lu dans Jn.13:23-25.
Pierre n'a même pas osé demandé lui-même à Jésus qui était le traître, il est passé
par Jean... reconnaissant de manière implicite la relation privilégiée que Jésus
entretenait avec Jésus. Quand on tient compte de ce fait que Jean était toujours
auprès de Jésus on comprend un peu mieux pourquoi il aspirait à avoir la même
place dans le royaume à venir. Lui aussi avait passé par une personne interposée pour
faire sa demande!

Mt.20:20 Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de Jésus avec ses fils, et se
prosterna, pour lui faire une demande. 21  Il lui dit: Que veux-tu? Ordonne, lui dit-
elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton royaume, l'un à ta droite et
l'autre à ta gauche.  22  Jésus répondit: Vous ne savez ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire? Nous le pouvons, dirent-ils.

2° Maintenant, le contexte dans lequel il a écrit son évangile.

Selon les Pères de l'Église, il avait près de 100 ans quand il a écrit son évangile,
environ 70 ans après les événements qu'il rapporte. La manière qu'il débute son
épître nous démontre qu'il était sûrement un des derniers témoins visuels, "heureux
ceux qui ont cru sans avoir vu", lit-on dans Jn.20:29, on le sent aussi dans 1Jn.1:

1 Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons
vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché,
concernant la parole de vie, - 2  car la vie a été manifestée, et nous l'avons vue et
nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était
auprès du Père et qui nous a été manifestée, - 3  ce que nous avons vu et entendu,
nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion
avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.

Par 3 fois, il répète qu'il a vu Jésus, il l'a contemplé, entendu, touché, on constate que
cela l'a marqué. Avez-vous déjà remarqué combien les personnes âgées avaient une
bonne mémoire pour raconter leur vie de jeunesse? En plus, Jean avait le Saint-Esprit
pour rafraîchir sa mémoire... (cp. 1Jn.2:20)

On raconte que vers la fin de sa vie, quand il ne pouvait plus marcher et qu'on le
transportait de place en place dans la ville d'Éphèse, il passait son temps à dire de
s'aimer les uns les autres.

À en juger par la lettre de Jésus à l'église d'Éphèse dans l'Apocalypse écrite par Jean
lui-même, il y en a plusieurs qui avaient besoin de se faire répéter de s'aimer les uns
les autres; Jésus leur reprochait d'avoir perdu leur premier amour.

Je trouve cela bien émouvant de lire l'évangile de Jean, le disciple que Jésus aimait,
c'est comme lire les confidences intimes que Jésus lui a faites. Jean a une approche
différente des trois autres évangiles synoptiques; au lieu de commencer son évangile
par la naissance terrestre de Jésus, il nous situe Jésus dès le départ dans l'éternité en
relation avec Dieu. Il nous présente ainsi Jésus d'une façon percutante.

3° Tournons maintenant dans le prologue de l'évangile de Jean pour voir comment
Jean nous présente Jésus et quelle genre de relation il entretient avec Dieu le Père.

Jn.1:1 Au commencement était la Parole et la Parole étaient avec Dieu et la Parole
était Dieu.

On va analyser cela en détail.

Au commencement... au commencement de quoi? Jean ne précise pas; ce n'était pas
nécessaire, il reprenait l'expression bien connue de Ge.1:1 Au commencement Dieu
... L'expression en grec "en archè" était la même utilisée dans la version grecque de la
Septante de l'Ancien Testament dans Ge.1:1. Donc, dès le départ, Jean situe Jésus
dans l'éternité, avant tout ce qui a eu un commencement, tout ce qui a été créé,
comme on lit au verset 3. Dès la première phrase, Jean affirme l'éternité de Jésus
dans la première partie de la phrase, sa relation avec Dieu le Père dans la deuxième
partie de la phrase et enfin sa divinité dans la troisième et dernière partie de la
phrase, comme affirmation, c'est chargée et condensée pas à peu près!

Je vais vous montrer quelque chose de très significatif par rapport aux verbes grecs
que Jean utilise dans le prologue. Malheureusement, ce n'est pas évident dans la
traduction française, vous allez donc devoir m'écouter attentivement, vos yeux ne
vous seront pas d'un grand secours. Je vais donc vous donner un petit cours de grec.
La langue grecque est très précise, très logique, c'est la langue d'où on tire la plupart
de nos termes scientifiques, médicaux, philosophiques et religieux. Jean choisit avec
grande attention ses mots; il a eu 70 ans pour y penser!

Dans les 18 versets du prologue, Jean contraste intentionnellement les verbes grecs
eimi et ginomai.

Jean emploie le verbe eimi traduit par le verbe être en français pour désigner des
états permanents et éternels tandis qu'il emploie le verbe ginomai pour désigner des
états temporaires, transitoires qui n'ont pas toujours existé.

Lisons maintenant le prologue en repérant ces deux verbes:

Jn.1:1 Au commencement était (eimi) la Parole, et la Parole était (eimi) avec Dieu, et
la Parole était (eimi) Dieu.
2  Elle était (eimi) au commencement avec Dieu.

Avant le commencement, dans l'éternité, la Parole existait déjà auprès de Dieu,
distincte de lui tout en étant Dieu, c'est-à-dire en partageant la même nature divine,
éternelle.

3  Toutes choses ont été faites (ginomai) par elle, et rien de ce qui a été fait (ginomai)
n'a été fait (ginomai) sans elle.

C'est ici le premier contraste entre le verbe eimi et le verbe ginomai:

Au commencement, c'est-à-dire, tout ce qui a eu un commencement, tout ce qui a
été créé, a été fait par la Parole, qui est Jésus, signe qu'en tant que créateur de toutes
choses, Jésus est Dieu, car Dieu seul peut créer à partir de rien. Jésus est non créé
lui-même puisque le verbe eimi est employé pour parler de lui; la Parole était avec
Dieu.

4  En elle était (eimi) la vie, et la vie (eimi) était la lumière des hommes.

La vie a toujours été en Jésus et elle sera toujours la lumière des hommes, donc Jean
revient avec le verbe eimi,

5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
6  Il y eut (ginomai) un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean.

Jean-Baptiste n'a pas toujours existé, il a eu un commencement, donc l'apôtre Jean
emploie le verbe ginomai dans son cas.

7  Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous
crussent par lui.
8  Il n'était (eimi) pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

Jean-Baptiste n'a jamais été la lumière du monde et il ne le sera jamais, donc le verbe
eimi est de mise.

9  Cette lumière était (eimi) la véritable lumière, qui, en venant dans le monde,
éclaire tout homme.
10  Elle était (eimi) dans le monde, et le monde a été fait (ginomai) par elle, et le
monde ne l'a point connue.

Jean répète ce qu'il a affirmé aux versets 4 et 5; Jésus a toujours été la vraie lumière
spirituelle qui éclaire tout homme depuis Adam jusqu'au dernier, Jésus n'a jamais
cessé d'éclairer les hommes, il n'y a jamais eu d'éclipses! Jean remet en contraste
l'aspect temporaire du monde en rappelant sa création par le verbe ginomai.

11  Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.
12  Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le
pouvoir de devenir (ginomai) enfants de Dieu,
13  lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de
l'homme, mais de Dieu.

À nouveau, ici, le verbe ginomai souligne que les hommes n'ont pas toujours été des
enfants de Dieu depuis leur naissance, ils ont à le devenir et le moyen pour y parvenir
est la foi en Jésus qui se manifeste par la réception de la Parole. Ils passent alors par
une nouvelle naissance, un nouveau commencement, une nouvelle création
spirituelle, en contraste avec la première création matérielle. À nouveau, ici, Jésus est
à l'origine de cette nouvelle création comme il était à l'origine de la première
création.

14  Et la parole a été faite (ginomai) chair, et elle a habité parmi nous, pleine de
grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du
Fils unique venu du Père.

Jésus a toujours existé, il a toujours été avec Dieu et il a toujours été Dieu, lit-on au
verset 1, mais il n'a pas toujours été homme, c'est pourquoi Jean emploie le verbe
ginomai pour affirmer la venue de Jésus sur terre dans un corps humain. Le verbe
habiter, littéralement, planter une tente, manifeste également l'aspect temporaire,
transitoire du passage de Jésus sur terre, donc le verbe eimi n'était pas à propos pour
décrire cet événement.

15 Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui vient
après moi m'a précédé (ginomai), car il était (eimi) avant moi.

Encore ici, les deux verbes sont contrastés, même si Jésus est né après Jean sur le
plan de l'existence terrestre, il est passé devant lui, d'où l'emploi du verbe ginomai,
car sur le plan de l'existence comme telle, Jésus a toujours été avant Jean, puisqu'il
est éternel, d'où l'emploi de verbe eimi; il était avant moi.

16  Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce;
17  car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues (ginomai) par
Jésus-Christ.

Avec sa venue sur terre, Jésus a apporté la grâce et la vérité, donc Jean emploie le
verbe ginomai, comme au verset 14.

18  Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est (eimi) dans le sein du Père,
est celui qui l'a fait connaître.

Jésus a toujours été dans le sein du Père et il le sera toujours, ce qui fait que Jean
revient avec le verbe eimi.

Ce qui ressort d'une manière percutante de tout ce qui vient d'être énoncé, c'est la
divinité et l'éternité de Jésus en contraste avec l'aspect temporel et temporaire de tout
ce qui a été créé.

Si Jésus avait été créé, comme l'a affirmé le prêtre Arius au IVème siècle et les
Témoins de Jéhovah au XXème siècle, alors Jean aurait employé le verbe ginomai au
v.1; Il aurait écrit, Au commencement, il y eut la Parole, cp. Jn.1:6 Il y eut un homme
envoyé de Dieu. La parole est devenue dieu, cp. Jn.1:14 la parole est devenu chair.

Et bien non! Jean affirme haut et net que Jésus était déjà là au commencement, et
qu'y avait-il avant le commencement? L'éternité! L'éternité est ce qui distingue la
créature du créateur. Tout ce qui a été créé a une origine dans le temps. Seul Dieu n'a
pas d'origine, il est éternel, il est l'Éternel.

Et Jésus est sans commencement, éternel, Jésus a toujours été avec Dieu et il a
toujours été Dieu; Jésus est le même, hier, aujourd'hui et éternellement, Hé.13:8,
c'est ce qui ressort avec éclat dans le grec par l'emploi des verbes eimi et ginomai.

Le verbe eimi, notre verbe être est celui par lequel Dieu se désigne lui-même!
Ex.3:14 Je suis celui qui suis, egô eimi ho ôn dans la version grecque septante. Dans
Jn.8:58 le contraste entre les verbes eimi et ginomai ressort à nouveau; avant
qu'Abraham fut (ginomai), je suis (eimi). Cela avait été assez clair en araméen pour
les Juifs pour qu'ils essaient de lapider Jésus, et l'emploi des nos deux verbes
distincts en grec rend l'affirmation de Jésus encore plus percutante!

Voyons maintenant un autre terme très révélateur dans le prologue inspiré de l'Esprit
par Jean, il s'agit de logos, le terme grec traduit par Parole.

Le logos était un terme déjà employé en philosophie et en religion. Pour Platon, le
logos était le modèle sur lequel tout a été formé, la pensée rationnelle qui contrôle
l'univers, mais cela demeurait un concept, la parole n'était pas une personne.

Pour les Juifs, le Logos, dabar en hébreu, c'est Dieu qui révèle sa personnalité
créatrice par le Logos. Ge.1 Dieu dit: et la lumière fut. Ps.33:6 Les cieux ont été faits
par la parole de l'Éternel. Mais le Logos n'est pas une personne distincte de Dieu.

Enfin, un peu avant Jésus, à Alexandrie, il y vécut un Juif du nom de Philon qui a
tenté de réconcilier la philosophie grecque et le judaïsme.

Pour lui, le Logos était l'image de Dieu, cp. Col.1:15, Hé.1:2, le médiateur, cp.
1Ti.2:5, le grand prêtre Melchisédek, Hé.7:21, la manne du ciel, Jn.6:31-32, le
paraclet consolateur, 1Jn.2:1. Comme le démontrent ces références, ces concepts ont
tous été repris dans le Nouveau Testament.

Mais les ressemblances s'arrêtent là. Il y avait une certaine confusion dans ses
pensées; des fois il disait que le Logos était une personne, des fois, non. Cependant,
le Logos comme victime expiatoire pour les péchés ne faisait pas partie de sa
théologie, donc pas de salut.

On se rend compte tout de même qu'il y avait beaucoup d'idées en circulation au
sujet du Logos au temps de Jésus. Et voilà que Jean nous arrive avec son évangile en
déclarant que le Logos dont tant de philosophes et religieux parlent, eh bien ce n'est
pas juste un concept ou une émanation de Dieu, mais une personne, une personne
qui est aussi divine que Dieu lui-même, et cette personne c'est Jésus!

Toute une révélation! Scandale pour les juifs religieux et folie pour les philosophes
grecs, mais puissance de Dieu pour ceux qui placent leur confiance en Jésus, les
rendant capables de devenir enfants de Dieu.

Donc Jésus est le Logos c'est la Parole parce que Dieu parle par lui Jn.8:28, c'est
aussi la Raison (cp. logique de logikos en grec, ce qui a rapport à la raison) parce
qu'il a réponse à tout, Jn.16:30.

Maintenant, concernant l'absence de l'article, dans le grec, juste avant "theos èn ho
logos, Dieu était la Parole", les Témoins de Jéhovah se sentent justifiés de traduire
cette proposition par "la Parole était un dieu". Jean emploie la même tournure de
phrase dans Jn.9:5 "phôs eimi tou kosmou, je suis la lumière du monde"; cette
proposition a exactement le même sens que dans Jn.12:8 "egô eimi to phôs tou
kosmou, je suis la lumière du monde". Dans Jn.9:5, l'article est manquant devant
phôs, placé le premier mot de la proposition, dans Jn.12:8 l'article est présent devant
phôs suivant le verbe. Donc si on suit la logique des Témoins de Jéhovah, on devrait
traduire Jn.9:5 par "Je suis une lumière du monde" et Jn.8:12 "Je suis la lumière du
monde", cela n'aurait pas d'allure, eux aussi trouvent cela et ils ont traduit les deux
versets de la même manière dans leur traduction française.

Si on applique cela à Jn.1:1, pour Jean, dire "theos èn ho logos" (comme dans Jn.9:5)
sans article devant theos ou dire "ho logos èn ho theos"  (comme dans Jn.8:12), cela
revient du pareil au même et doit se traduire par la parole était Dieu, et non la Parole
était un dieu, pas plus qu'on pourrait traduire Jn.9:5 par "Je suis une lumière du
monde. Non vraiment, Jésus est LA lumière du monde qui éclaire tout homme
venant dans le monde Jn1:9.

Ce n'est pas que la position des mots est sans importance, au contraire, Jean y a
sûrement bien réfléchi avant de les placé dans cet ordre spécifique. Dans ce verset de
Jn.1:1, il utilise deux figures de styles pour souligner la divinité de Jésus.

La première figure de style employée est une transposition, la transposition sert à
attirer l'attention sur un terme en particulier car on ne le retrouve pas où on serait en
droit de s'attendre; il faut souligner que la langue grecque permet une plus grande
flexibilité que le français dans la position des mots dans la phrase, car c'est
principalement sa terminaison qui indique le rôle du mot dans la phrase, alors qu'en
français, c'est la position même du mot qui joue ce rôle. Par exemple, en français le
sujet vient avant le verbe et le complément suit le verbe, par contre en grec, le verbe
peut venir en premier ou en dernier, le complément peut précéder le sujet.

Donc Jean utilise une transposition et il met theos à la place où l'on s'attendrait à voir
logos; d'ailleurs la majorité des traduction ne rendent pas la transposition et
traduisent "theos èn ho logos" par "La Parole était Dieu", au lieu de "Dieu était la
Parole" selon l'ordre des mots dans l'original. Les traducteurs ont agi ainsi pour ne
pas laisser penser que Dieu et la Parole sont une seule et unique personne, ceci
rejoindrait la doctrine modaliste de Noetus et Sabellius au IVème, reprise par
William Branham au XXème siècle, disant que puisqu'il y a un seul Dieu, le Père, le
Fils et le Saint-Esprit sont une seule et même personne se manifestant de trois
manières ou modes (modalisme) différents.

La deuxième figure de style consiste à débuter chaque proposition avec le dernier
mot de la proposition précédente, cela produit un effet de gradation dramatique.

Jn.1:1 Archè - logos, logos - theos, theos - logos
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu et Dieu était la Parole.

Jean a vraiment utilisé tous les moyens littéraires pour avoir un effet durable sur ses
lecteurs, remarquez aussi les rimes de ces mots finissant en "os", il faut leur
imprégner dans le cerveau que Jésus est Dieu auprès de Dieu.

Comment peut-on réconcilier cela avec le fait qu'il y a un seul Dieu, si Jésus et le
Père sont deux personnes distinctes et sont Dieu toutes les deux?

On pourrait dire qu'il y a un seul Dieu dans le sens de l'apôtre Paul, Ep.4:46,
1Co.8:5-6, c'est-à-dire qu'il y a une seule personne qui porte le titre de Dieu et c'est
le Père, de même qu'il y a aussi un seul Seigneur et une seule personne qui porte le
titre de Seigneur et c'est le Fils, cela ne nie pas que Jésus est Dieu sinon il faudrait
nier aussi que le Père est Seigneur! Même le Saint-Esprit est Seigneur, si c'est bien la
manière de comprendre ce que Paul dit dans 2Co.3:17.

De cette façon, il y a un seul Dieu; le Père, un seul Seigneur; Jésus-Christ et un seul
Esprit; le Saint-Esprit, même s'ils y en a plusieurs qui sont appelés dieux, seigneurs
ou esprits.

1Co.8:5  Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la
terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs,  6
néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses
et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes
choses et par qui nous sommes. 7 Mais cette connaissance n'est pas chez tous.

Ep.4:4  Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à
une seule espérance par votre vocation; 5  il y a un seul Seigneur, une seule foi, un
seul baptême, 6  un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi
tous, et en tous.

Quand Paul dit "pour nous" c'est donc que ce n'était pas seulement son opinion
personnelle mais celle qui prévalait partout où l'évangile avait été prêchée, nous
avons donc là le premier exposé de théologie de l'histoire de l'Église, c'est limpide, ce
sont les chrétiens qui ont suivi qui ont cherché beaucoup de détours, Ec.7:29 et qui
nous ont perdu dans la brume avec des distinctions subtiles dans les hypostases et
tout le bataclan.

Un seul Dieu, le Père même si celui-ci est Seigneur Ap.22:5 et Esprit Jn.4:24
Un seul Seigneur, Jésus-Christ, même si celui-ci est Dieu Jn.1:1, Jn.20:28 et Esprit
1Co.15:45
Un seul Esprit, le Saint-Esprit, même si celui-ci est Seigneur, 2Co.3:17, ne règne-t-il
pas dans nos coeurs après tout?

Comme ça, quand on parle de Dieu, on parle du Père, quand on parle du Seigneur,
on parle de Jésus et quand on parle de l'Esprit on parle du Saint-Esprit, pas de
mélange, pas de confusion dans nos partages et nos prières. On prie Dieu par le
Saint-Esprit au nom de Jésus.

Ce n'est pas parce qu'ils sont en parfaite unité qu'on peut se permettre de les
mélanger; moi et ma femme nous sommes un aussi, mais n'allez pas m'appeler
Chantal ou l'appeler Yvan! Unis à Jésus-Christ, nous formons aussi un couple
spirituel, nous formons un seul esprit avec lui, 1Co.6:17, ayant été fiancé à lui,
2Co.11:2 et tous ceux qui ont cru sont appelés à partager cette unité tel que nous le
décrit Jean dans le chapitre 17 de son évangile.

Jn.17:20 Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui
croiront en moi par leur parole, 21  afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en
moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde
croie que tu m'as envoyé. 22  Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils
soient un comme nous sommes un, -  23  moi en eux, et toi en moi, - afin qu'ils
soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as
aimés comme tu m'as aimé.

Jn.13:35 À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l'amour
les uns pour les autres.

4° Nous sommes donc appelés à vivre comme la Trinité, en unité parfaite les uns
avec les autres, reflétant son image aux yeux des hommes pour qu'ils soient
convaincus que Dieu existe et qu'il les aime.
 

Dimanche matin  le 6 janvier 1991 à l'Église Évangélique Baptiste de la Haute-
Yamaska sur le boulevard de la Mairie dans le canton de Granby en Montérégie,
province de Québec au Canada en Amérique du Nord, planète Terre, à part peut-être
de quelques auditeurs qui étaient dans la Lune!

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